Le ministre des Arts et de la Culture émet le souhait que la création artistique ne souffre pas du démantèlement de l’Anti-Piracy Unit. Mookhesswur Choonee dit faire confiance au Commissaire de Police pour que le nécessaire soit fait afin d’éviter la tolérance du piratage.
Sollicité par Le Mauricien pour une réaction sur le démantèlement de l’Anti-Piracy Unit (APU), Mookhesswur Choonee dit n’avoir aucun contrôle sur la police, mais souhaite que les oeuvres des artistes mauriciens seront protégées. « Pour le moment, il n’y a aucune communication officielle sur le démantèlement de l’Anti-Piracy Unit. Mais si cela se révèle vrai, le Commissaire de Police a peut-être ses raisons. Pour ma part, tout ce que je souhaite c’est que la loi soit respectée. On ne peut plus tolérer que les créations de nos artistes soient piratées et vendues comme des petits pains à leur détriment », avance le ministre des Arts et de la Culture.
Ces événements interviennent au moment où Maurice accueille une délégation de la World Intellectual Property Organisation (WIPO) et de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC). Ces experts participeront à un atelier de travail la semaine prochaine en vue de peaufiner la nouvelle loi sur le copyright. « La loi est prête, nous n’attendons que l’avis des experts et des artistes. Je présenterai le bill au Cabinet dans quelques semaines. Je le ferai ensuite circuler parmi tous les “stakeholders”, dont les artistes. Cela nous permettra de faire les ajustements nécessaires avant de le présenter à l’Assemblée nationale à la rentrée parlementaire », précise Mookhesswur Choonee.
Les artistes se mobilisent par ailleurs pour dénoncer le démantèlement de l’APU qui, selon eux, a beaucoup contribué au combat contre le piratage à Maurice. Les membres élus de la Mauritius Society of Authors (Masa) rencontreront la presse demain pour exprimer leur point de vue sur la question.
L’APU a été mise en place à la suite d’une demande de la Masa en 2001. À l’époque, Gérard Manuel était le président de la société et Motee Ramdass, ministre des Arts et de la Culture. L’idée était de mieux organiser la lutte contre le piratage à Maurice. En dix ans, un grand nombre de CD et DVD piratés a été saisi par l’APU. Le point faible du combat contre le piratage était le fait que la loi n’était pas assez sévère, ce qui encourageait les récidives. L’ironie est que maintenant que la nouvelle loi sur le copyright est prête, l’APU disparaît…