Le gouverneur de la Banque de Maurice, qui recevait hier environ 400 invités au dîner annuel de l’institution, a déploré la gourmandise de certaines banques commerciales. Rundheersing Bheenick a aussi repoussé toutes les pressions en faveur d’un assouplissement de la politique monétaire et d’une dépréciation de la roupie en se réjouissant d’avoir maintenu l’inflation à un niveau de 5,1 %. Il a également regretté l’absence des visionnaires mauriciens.
Les banques mauriciennes ont jusqu’ici été épargnées par la crise, a soutenu Rundheersing Bheenick hier au dîner annuel de la Banque de Maurice (BoM), à laquelle a participé le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Mallam Sanusi, Lamido Sanusi et le VPM et ministre des Finances Xavier Luc Duval. « Our banks have also had a good crisis », a constaté le gouverneur de la BoM. Il a observé que certains établissements financiers avaient augmenté leurs frais et charges bancaires au point que les profits du secteur sont estimés à Rs 65 millions par jour. « Unlike bankers elsewhere, our bankers are sitting pretty … laughing all the way to the bank, you might say ! »
Le gouverneur de la Banque centrale s’est dit persuadé que les banquiers ne sont pas insensibles comme pourrait suggérer le niveau de profit enregistré. Il estime qu’on devrait rappeler aux banques leur rôle social et les inciter à ne pas se détacher de la réalité à moins qu’elles souhaitent provoquer des mécontentements. Il faudra pour commencer travailler pour exploser la notion que plus d’argent ne constitue pas le vrai but de la croissance.
Le gouverneur de la Banque centrale a aussi justifié son allergie à toutes les formes de dépréciation de la roupie, même légère afin, comme le soutiennent certains, d’encourager la création d’emplois et stimuler la croissance. Il a noté une croissance de 4 %, ce qu’il a estimé comme étant honorable. « We are, of course, not insulated from the problems affecting the rest of the world and inflationary pressures have increased ; but, with well-timed monetary steps, we have succeeded in containing inflation to an expected 5.1 % in 2011. »
Le gouverneur a observé qu’alors que la plus grande richesse du pays est sa ressource humaine, « we have not fully capitalized on skills enhancement in our human ressource ». Selon lui, Maurice pèche par l’absence d’une plate-forme d’innovation, de recherche et de développement. « We certainly have the doers. But do we have the forward thinkers, the visionaries, the dreamers ? » a dit M. Bheenick.