Coincées entre des maisons en béton, quand elles ne sont pas cachées par la végétation, ces petites habitations en tôle ne sont pas toutes visibles de la route d’Anse-Jonchée à Grand-Sable. Des familles y vivent en situation de précarité. Loin d’être toutes des squatters, elles sont héritières du terrain sur lequel elles ont construit leur maison.
Cette partie du littoral du Sud-Est, qui livre une superbe vue sur le lagon et une nature verdoyante, et qui par endroits, semble avoir arrêté le temps, n’est pas connue pour ses poches de pauvreté. Pourtant, selon Ajay Lachman, il existerait dans la région une centaine de familles vivant en situation de précarité économique. Ce dernier, président de l’organisation non gouvernementale Aid Action, a monté un projet d’autosuffisance qui vise à subvenir aux besoins tant économiques qu’alimentaires des bénéficiaires. Mais contrairement à des poches de pauvreté qui se sont développées illégalement ailleurs sur des terres de l’Etat, les habitations précaires qui se trouvent à Anse-Jonchée et les régions avoisinantes ne se sont pas érigées en grand nombre sur un même terrain. Autre différence, dans ce coin du pays, certaines familles qui vivent dans des situations de pauvreté sont héritières du terrain sur lequel elles ont construit leur maison. Sylvain Caillou en fait partie. Ce jeune pêcheur, âgé d’une trentaine d’années, a construit une pièce en tôle sur un terrain appartenant à son père. Depuis son mariage, il y a quelques années, Sylvain Caillou a quitté le toit familial, situé dans la même cour où des maisonnettes en tôle également sont collées les unes aux autres. “J’avais commencé à construire en dur. Mais faute de moyens j’ai dû tout arrêter”, explique ce père de deux jeunes enfants. Son métier étant aléatoire, dit-il, l’argent ne rentre pas aussi souvent qu’il aurait souhaité. Son épouse qui attend leur troisième enfant ne travaille pas. Et c’est dans une pièce étroite qui sert de chambre pour toute la famille que le couple a aménagé un coin-cuisine.