Depuis environ une dizaine d’années, l’Association pour l’éducation et la réhabilitation des personnes avec déficience intellectuelle (Aperpdi) est activement engagée dans l’intégration sociale des personnes souffrant d’une infirmité physique ou mentale et, dans cette optique, elle a installé en 2005 un Day Care Centre à son siège à Dagotière, dans la périphérie de St-Pierre.
Une trentaine de stagiaires sont régulièrement présents à ce centre qui s’ouvre du lundi au vendredi et qui, en outre, s’aligne sur le calendrier scolaire trimestriel mis en place par le ministère de l’Éducation.
Depuis peu, les stagiaires du centre font l’expérience d’une nouvelle pédagogie qui s’intitule Panel Theatre (voir encadré), originaire du Japon. Cette pédagogie a atteint les rives mauriciennes grâce à une correspondance initiée par Balraz Boodooa, président et cofondateur de l’association, avec des personnes compétentes en la matière à l’étranger. Aujourd’hui, M. Boodooa remue ciel et terre pour que cette pédagogie soit adoptée par d’autres centres.
« Depuis mon engagement en ce domaine, en 2000, j’ai eu la chance de participer pleinement à divers ateliers de travail organisés par les ministères concernés par l’avancement de la cause des handicapés. Je suis maintenant assez expérimenté dans ce domaine et j’y suis très à l’aise ».
Début 2008, en vue de donner une nouvelle impulsion à son association, Balraz Boodooa inaugure un lien de coopération entre celle-ci et l’organisation NIFAA, basée en Inde. Celle-ci lui apprend l’existence du Panel Theatre, une méthode pédagogique d’origine japonaise, qui contiendrait des propriétés susceptibles de rendre plus facile l’apprentissage à l’école pour les enfants handicapés physiquement ou mentalement.
Dès lors, avec la participation d’éducateurs indiens et japonais, Balraz Boodooa et les membres de son association s’attellent à vulgariser cette méthode d’enseignement sur le sol mauricien.
Courant 2008, la première conférence y relative se tient dans un hôtel à Trou-aux-Biches, l’occasion pour des éducateurs venus de l’Inde et du Japon d’introduire cette méthode pédagogique à un auditoire composé, entre autres, d’enseignants et d’acteurs du monde du bénévolat.
Après le départ des Indiens et des Japonais, Balraz Boodooa prend le relais et organise une autre conférence du même genre à la municipalité de Curepipe. L’auditoire est plus nombreux et comprend, entre autres, des enseignants, des infirmiers, des représentants d’ONG et de tous les ministères concernés par l’amélioration du sort des handicapés et des personnes du troisième âge.
Deux autres conférences du même genre se tiendront en 2010 à la municipalité de Quatre-Bornes et en 2011 au MIE à Réduit. Une fois de plus, en 2010, des éducateurs indiens et japonais sont de passage à Maurice pour soutenir la campagne de M. Boodooa visant à sensibiliser l’ensemble du secteur social et celui de l’éducation à adopter cette méthode pédagogique. Le gouvernement accorde un subside de Rs 50 000 à l’Aperpdi pour couvrir globalement le séjour des éducateurs étrangers sur notre sol.
« Jusqu’ici, tous les secteurs du ministère de l’Éducation et de celui de la Sécurité sociale ont été sensibilisés au sujet des propriétés inhérentes de cette méthode pédagogique. Dorénavant, il appartient aux décideurs publics de décider du sort qui lui sera réservé à l’avenir », dit notre interlocuteur.
Pour Balraz Boodooa, qui se décrit comme un modeste travailleur social au service des handicapés, la cerise sur le gâteau viendra lors d’un séjour qu’il effectuera en Inde du 10 au 17 novembre 2011 à l’invitation d’une deuxième organisation socio-éducative, l’ALPANA. Sous l’égide de cette organisation, il donnera là-bas une conférence dans la grande salle d’un hôpital psychiatrique devant un auditoire comprenant des étudiants, des médecins et des fonctionnaires au sujet de l’expérience qu’il a acquise en mettant en pratique la méthode Panel Theatre au siège de son association ; à la fin de la conférence, il sera chaudement applaudi. Il en garde un merveilleux souvenir.
Soulignons que les équipements éducatifs qui vont de pair avec la pratique de cette pédagogie sont homologués auprès de la Mauritius Qualifications Authority depuis septembre 2011.
———————————————————————————————————————————
Au service des malades mentaux
Le Panel Theatre, indique Balraz Boodooa, est une méthode pédagogique mise au point vers 1970 par Ben Rojun Kouda, prêtre bouddhiste et éducateur. Cette méthode se pratique à l’aide d’un appareil pédagogique spécifique, avec en toile de fond une musique douce, ce qui permet à l’élève d’entrer en douceur dans le vif du sujet. Ainsi, l’élève ne subit aucune pression extérieure et n’est pas déstabilisé émotionnellement. Cette méthode serait bénéfique non seulement pour un enfant souffrant d’une infirmité quelconque, mais également pour un enfant normal qui rencontrerait des difficultés d’apprentissage à l’école.
Au Japon, cette méthode est pratiquée, entre autres, dans les jardins d’enfants, les écoles élémentaires et les hôpitaux psychiatriques. De surcroît, les kinésithérapeutes en font usage dans le traitement des personnes âgées ayant des problèmes de mémoire.
Cette méthode d’enseignement est très répandue au Japon, dans d’autres pays asiatiques, aux États-Unis et dans certains pays européens. Les équipements pédagogiques nécessaires, affirme Balraz Boodooa, coûtent environ Rs 500.