Au bout d’une année de politique active au sein du MMM, Daniella Bastien, anthropologue, a eu pour responsabilité de gérer la communication de ce parti pendant cette campagne électorale. Elle avait été pressentie à un certain moment comme candidate potentielle parmi les jeunes. Dans l’entrevue qui suit, elle explique son engagement en politique, définit son rôle de responsable de communication au sein du parti mauve et indique sur quoi elle mise.

Une année après votre entrée au MMM, la direction du parti vous confie la responsabilité de sa campagne de communication pour ces prochaines élections. Est-ce une appréciation de votre contribution jusqu’ici au sein du parti ? Et quels sont sentiments devant cette démarche du MMM ?
C’est vrai que je suis membre du parti depuis seulement un an. Je suis reconnaissante que la direction me confie une telle responsabilité. J’apprécie cette démarche et surtout cette confiance que les dirigeants placent en moi. Il s’agit d’une tâche remplie de défis, mais que j’assumerai humblement et avec la collaboration d’autres membres du parti. Au sein du MMM, il y a une équipe compétente et des personnes qui ont à cœur l’avenir du pays. Tout le monde parle le même langage s’agissant de la vision que nous avons pour le pays.

En quoi consiste cette fonction concrètement ?
Mon rôle est d’encadrer toutes les instances du parti ainsi que tous les candidats durant cette campagne autour d’un slogan que nous allons dévoiler ce dimanche lors d’une assemblée de délégués qui se tiendra au Plaza. Je conçois cette responsabilité comme un travail d’accompagnement et comme je ne suis pas candidate, j’ai tout mon temps pour accomplir cette tâche. Je suis là pour coordonner, harmoniser et partager mes idées. J’avoue que c’est une grosse responsabilité mais je suis très sereine. Un des gros morceaux sera la revue de presse chaque jour et aussi passer en revue ce qui se dit sur les réseaux sociaux. La priorité dans l’immédiat, c’est l’organisation de cette assemblée de délégués qui marquera le début officiel de la campagne électorale du MMM. Environ un millier de délégués y seront présents et le parti les a appelés pour ratifier la liste officielle des 60 candidats ainsi que pour la présentation de ces personnes. Il est bon de souligner que cette liste est d’abord passée par toutes les instances du parti.

Comment êtes-vous arrivée en politique et qu’est-ce qui vous a séduit chez le MMM ?
Je suis engagée dans beaucoup de choses et dans beaucoup de combats comme celui pour la reconnaissance de la langue Kreol. On connaît aussi mes engagements dans les milieux artistiques et dans le social. Ces parcours m’ont emmenée à l’engagement politique et il n’y a rien d’anormal à cette décision. J’ai grandi dans une génération où on a beaucoup entendu que la politique était égale à pourriture et corruption. J’ai voulu faire mon propre chemin et aller chercher des réponses. En tant qu’anthropologue, je n’ai pas le droit d’avoir des idées fixes. Je n’ai pas peur de mettre mes convictions à l’épreuve pour des choses que je croyais être des vérités. Jusqu’au mois d’août de l’année dernière, je n’avais jamais affiché mes couleurs politiques. J’ai regardé toutes les options que j’avais en face de moi et, après analyse, je suis arrivée à la conclusion que la seule alternative est le MMM. Je ne suis pas entrée au MMM pour avoir un ticket pour les élections mais pour comprendre la politique de l’intérieur; je veux comprendre la réaction de la société face à la chose politique. J’ai des amis dans plusieurs partis mais les principes fondamentaux du MMM correspondent à mes convictions et à mes valeurs personnelles. Je suis à l’aise au sein de ce parti.

Quel est votre objectif dans cette responsabilité pour la communication du parti durant cette campagne électorale ?
Je souhaite avant tout que cette campagne se passe dans les meilleures conditions non seulement pour le MMM mais aussi pour le pays en général. Au sein du parti, nous prenons l’engagement de faire une campagne propre à tous les niveaux — dans les discours, dans le comportement des candidats et de celui de nos partisans de même que par rapport à l’environnement. Nous allons faire une campagne propre écologiquement. Le MMM ne sera pas dans la compétition des banderoles et des multiplications de bases. Il y aura un quartier général par circonscription.

Avez-vous les moyens et la liberté nécessaires pour mener à bien cette tâche ?
J’ai le soutien de l’état-major du parti avec qui j’ai des échanges pratiquement toute la journée. Nous discutons beaucoup dans le respect. J’accepte les arguments bien fondés et je peux vous assurer que je peux exprimer mes idées et mes opinions. Il y a une bonne entente entre tous ceux ayant des responsabilités spécifiques dans cette campagne électorale.

Qu’attendez-vous par rapport à la participation des femmes dans ces élections, candidates aussi bien qu’électrices ?

Je constate que la problématique des femmes en politique est en train d’avancer dans le pays mais je reconnais qu’il y a encore beaucoup d’efforts à faire dans cette direction. Pour sa part, le MMM fait de son mieux pour aligner un maximum de femmes. Je souhaite que la population vote pour des hommes et des femmes qui ont de vraies convictions et qui veulent œuvrer pour l’avancement du pays. Ce que j’attends des candidates, c’est qu’elles n’entrent pas dans le jeu des hommes, c’est-à-dire, ne pas tenir le même discours brailleur et vilipender les autres. Que les candidates soient conscientes que le regard de la population est davantage sur elles car, durant ces cinq dernières années, il y a eu deux femmes qui ont failli à leurs responsabilités, notamment, l’ancienne présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, et Maya Hanoomanjee, la Speaker de l’Assemblée nationale.