Mon opinion est basée sur ce qui s’est passé ailleurs, dans des pays comme le Portugal, où la décriminalisation a été adoptée il y a une dizaine d’années. Alors que beaucoup avaient des appréhensions, il s’est avéré que cette mesure a contribué à faire baisser la consommation, le taux de transmission du VIH, et la violence liée aux drogues. Dans ce cas, la décriminalisation s’est faite parallèlement à la mise sur pied d’une politique nationale de prévention. Tout un système a aussi été pensé pour encadrer les personnes souffrant de dépendance, qui ne sont plus envoyées en prison.
À Maurice, il nous faut une réponse nationale adaptée qui comprenne une stratégie de prévention forte et un bon système de traitement. Les usagers ne devront plus être emprisonnés. L’emprisonnement entraîne des coûts, et a des répercussions graves sur la vie sociale de l’individu et celle de sa famille. De plus en plus de personnes comprennent aujourd’hui que ceux qui sont dépendants sont des malades qui doivent être soignés.
Sur le plan local et international, les investissements massifs faits dans la lutte contre les drogues n’ont servi à rien : le trafic continue normalement. Avec du recul, on se rend compte que la répression a contribué au problème avec le lot de violence qu’elle a emmené.
Un appel a été lancé au niveau international par des personnalités importantes, dont Kofi Annan, l’ex-Secrétaire Général des Nations-Unies, pour que la stratégie soit reconsidérée. Maurice doit impérativement repenser la sienne en urgence. Pour toutes ces raisons, je suis en faveur de la décriminalisation.