Le Ébène Car Park, bâtiment de six étages, devrait être opérationnel au mois d’avril et pourra abriter quelque 930 véhicules

Dans environ un mois, employés et visiteurs de la cybercité pourront « sainement » garer leur véhicule. Deux nouveaux espaces parking devraient entrer en opération et ainsi absorber quelque 1400 véhicules. Un recours qui laisse toutefois sceptiques plus d’un quant à la solution pour régler le problème persistant de parking sauvage à Ébène.

Cela du fait que contre zéro roupie à ce jour, les visiteurs d’Ébène devront s’acquitter d’un paiement mensuel entre Rs 2000 et Rs 3300 pour pouvoir y garer leurs véhicules. Par ailleurs, outre le problème de parking, le relogement des marchands demeure un dossier qui traîne. L’actuel emplacement où ont été casés ces hawkers, un véritable eyesore au sein de la cybercité, devient de plus en plus insalubre en ces temps pluvieux.

1400 espaces. C’est ce dont les visiteurs et employés de la cybercité disposeront bientôt pour garer leurs véhicules. D’une part, c’est le projet Ébène Car Ltd avec quelque 930 places qui entrera en opération. D’autre part, Landscope Ltd mettra à disposition, à partir du 1er avril, un offside parking, de l’autre côté du centre commercial, pouvant accueillir environ 500 voitures. Un service de navette pour les 30 000 employés directs opérant au triangle d’Ébène et visiteurs de la cybercité sera aussi pourvu. L’objectif avec ces 1400 espaces dédiés au parking est de rendre le transit à la cybercité moins contraignant et d’éliminer le parking sauvage comme c’est le cas actuellement entre 7h et 18h autour d’Ébène, allant de la station d’essence de Réduit au rond-point menant vers Beau-Bassin, en passant par les rues intérieures ou les terrains vagues de la cybercité.

1400 places. Minime comme espace pour absorber les quelque 8 000 véhicules garés actuellement « sauvagement » aux alentours d’Ébène, certes. Mais un pas dans la bonne direction, dirait l’autre. Encore faut-il que les usagers se prêtent au jeu et débourser mensuellement entre Rs 2000 et Rs 3300 pour la sécurité de leurs véhicules et le service de navette prévu. « Les tarifs sont trop élevés. Même si c’est une question de sécurité ou de gain de temps, je préfère continuer à aller me garer à des kilomètres », avance N. M, employé d’un centre d’appels. D’autres préfèrent attendre l’entrée en opération de ces espaces dédiés pour décider de la marche à suivre. « Peut-être que nos entreprises pourront obtenir un bon prix pour l’ensemble du personnel », espère M. M, autre employée de centre d’appels.

Par ailleurs, l’entrée en opération du centre commercial Hermès, actuellement en développement vis-à-vis du triangle d’Ébène, du côté de l’autoroute, devrait aussi aider à résoudre le problème de parking à Ébène. En effet, grâce à un accord avec le nouveau centre commercial, Landscope Ltd devrait récupérer un millier de places de parking qui seront mises à disposition des employés et visiteurs de la cybercité. Et comme pour le prochain offside parking, un service de navette sera mis à disposition des usagers.

Situation précaire pour les marchands sous leur tente de fortune

Les autorités misent ainsi sur l’entrée en opération de l’Ebène Car Park et la mise en route du Urban Regeneration Development Plan d’Ébène, qui dispose d’une enveloppe de Rs 116M pour l’amélioration des infrastructures pour faire de la cybercité une vraie ville. Reste que, outre le problème de parking, ce qui choque toujours au sein de la cybercité, considérée comme une technopole, un quartier d’affaires regroupant plus d’une quarantaine d’entreprises, c’est la structure de fortune sous laquelle les marchands ont été casés. Un véritable eyesore, dont l’insalubrité saute davantage aux yeux en cette période pluvieuse. Qui plus est, les travaux de construction en cours, à côté de cet espace, soulèvent de la poussière, quand ce n’est pas la boue elle-même que les pelleteuses transportent à longueur de journée sans aucune considération pour ce foodcourt improvisé.

Cela fait en effet plus d’un an que, les hawkers d’Ébène, installés auparavant sur les trottoirs et autres bordures de route de la cybercité, ont été “logés” sur ce terrain appartenant à Landscope Ltd. Ils sont au total 50 marchands commercialisant sur des rangées de table en plastique mine, pains, briani, boulettes, gâteaux .sous une tente de fortune censée les abriter des intempéries. Un abri provisoire, avait concédé Landscope Ltd, qui a bienveillamment mis ce terrain à disposition des marchands le temps qu’un bâtiment moderne soit construit pour faire office de foodcourt. Il faut dire que ces marchands, installés illégalement dans un premier temps avant d’être régularisés en 2018, sont très populaires parmi les quelques 30 000 employés de la cybercité .

« Landscope ti dir nou kouma élection fini pou donn nou enn bon bâtiment »

« Nous finn contribuer pou fer cybercité gandi. Si dimoun pa ti gagn manzé bon marché, zot pa ti pou envi travail dans sa place la », disent-ils. Mais le décor dans lequel ils opèrent laisse de plus en plus à désirer. Surtout en temps de pluie. Tente dégoulinante, flaques d’eau, boue. Les conditions d’hygiène sont criardes. « Mais ki pou fer, ici nous pe kapav aster. Dans bann cafétéria, manzé trop ser », disent les habitués qui bravent la pluie et des kilomètres pour venir s’approvisionner auprès des hawkers.

Pour les marchands, « nou ti pensé sa situation la li ti pou zis pour quelques mois parski Landscope inn dire nou pou construire enn bâtiment pou met nou. Mais nou encore pé attan. » Cette structure, disent-ils, ils l’ont érigée à leurs frais. Idem pour la bâche installée récemment pour protéger leurs étals de la poussière des travaux d’à côté. « Autant que l’on sache, pour chaque projet, il est tenu au promoteur d’ériger lui-même une bâche pour ne pas incommoder ses voisins. Mais dans notre cas, nous avons dû cotiser entre marchands pour acheter cette bâche », expliquent les hawkers. Conscients de l’insalubrité des lieux, ils espèrent être relogés au plus vite.

« Inn promet nous pou donne nou enn place. Mais ziska zordi, pa tann nanien. Tendé sipozé fini lancé. Landscope ti dir nou kouma élection fini pou donn nou enn bon bâtiment », disent-ils. En attendant, au fil des jours, leur commerce souffre, disent-ils. « Sirtou kan lapli. Li pa facile pou nou même nou reste dans sa delo la boue la. Même si nou dir clients nou manzé propre, éna pa rod aster akoz nou dans la boue. Boner même nou bizin fini allé, parski péna lalimier naryé », expliquent ces marchands.