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Au niveau international, dans le sillage du Covid-19, on prévoit une crise sans précédent depuis l’après-guerre. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), « l’impact du Covid-19 sur l’emploi est profond, d’une grande portée et sans équivalent ». Elle estime que sur une population active de 3,3 milliards de personnes, plus de quatre personnes sur cinq sont affectées par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail. Quelle en sera l’ampleur à Maurice ?

Si pour l’heure l’Etat indemnise une partie des salaires des entreprises, l’économiste Eric Ng remet en question la durée de ce soutien. « Il y a des limites à tout », souligne-t-il. Pour lui, « 2020 est déjà une année perdue », poursuivant : « Il faut donner beaucoup de flexibilité aux entreprises, et non pas leur imposer quoi que ce soit. Ce sont les entrepreneurs eux-mêmes qui savent comment restructurer et relancer leur entreprise, comment survivre… » Il est d’avis qu’une « réforme du secteur public sera inévitable » et qu’il faut « dégraisser là où on peut dégraisser ».

De son côté, Atma Shanto, de la Fédération des travailleurs unis (FTU), dit regretter qu’il n’y ait aucune consultation avec les fédérations syndicales au niveau des travaux du gouvernement et de Business Mauritius sur leurs plans de déconfinement. Sa plus grande crainte est qu’il y ait des licenciements « massifs et abusifs ». Il interroge ainsi : « Est-ce que le gouvernement est en train de prendre les mesures nécessaires pour empêcher des licenciements massifs ? ».

De plus, la loi actuelle faisant mention de licenciements pour des raisons économiques, il dit craindre que des employeurs utilisent cette raison pour demander au Redundancy Board d’examiner leur cas. Reaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), met, lui, en garde : « Il y en aura qui profiteront de la crise, des employeurs qui licencieront et qui réembaucheront à moindre prix. ». Quant aux autorités, normalement, dit-il, « elles doivent veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus ou d’exploitation mais on sait très bien que le pouvoir obtient de l’argent du secteur privé pendant la campagne électorale ». Et d’estimer que le secteur de l’alimentation pourrait absorber le chômage.


ERIC NG (économiste) : « L’Etat aussi doit revoir les dépenses superflues »

Nous célébrons demain la fête du Travail. Mais le cœur des travailleurs n’est pas vraiment à la fête. Comment voyez-vous le monde du travail à la reprise ?
La reprise sera plutôt lente. De toute manière, le déconfinement sera progressif. Dans certains secteurs, on continuera peut-être avec le télétravail. La situation se normalisera de manière assez lente jusqu’à la fin de l’année. En même temps, je pense que beaucoup d’entreprises prendront des décisions de restructuration, avec des pertes d’emploi. Je pense que c’est inévitable.

Le fort taux de chômage sera une dure réalité. Quelles solutions entrevoyez-vous ?

Tout dépend de la vitesse à laquelle on règle le problème du coronavirus. Plus tôt on trouvera un vaccin, plus tôt reprendra l’activité économique de manière plus vigoureuse. A partir de là, petit à petit, il y aura des créations d’emploi. L’Etat peut continuer à indemniser une partie des salaires des entreprises, mais jusqu’à quel point ? Il y a des limites à tout. De toute façon, l’entreprise peut opter pour le licenciement ou recevoir la subvention de l’Etat. Là aussi, à quelles conditions ? Si l’entreprise accepte la subvention de l’Etat, pendant combien de mois n’a-t-elle pas le droit de licencier ? Tout dépend des conditions. Je crois qu’il faut donner beaucoup de flexibilité aux entreprises, et non pas leur imposer quoi que ce soit. Ce sont les entrepreneurs eux-mêmes qui savent comment restructurer et relancer leur entreprise, comment survivre. S’il faut revoir les lois du travail, il faut le faire, car il y a trop de rigidité. C’est ce qu’on appelle le réajustement. Les entreprises doivent se réajuster. Evidemment, dans un premier temps, il y aura des pertes d’emploi, mais dans un deuxième temps, il y aura de la création d’emplois.

Vous pensez donc qu’il faut donner la liberté aux entreprises de licencier leurs employés ?
Ils ont déjà cette liberté, peut-être avec certaines contraintes. De toute façon, on ne peut empêcher une entreprise de fermer, quelles que soit les raisons. L’Etat ne peut obliger une entreprise à rester ouverte et à faire des pertes. Il faut donner la possibilité aux entreprises de survivre, quitte à détruire des emplois, mais de continuer à vivre et, éventuellement, à créer des emplois. C’est cela la flexibilité et le réajustement.

Votre analyse de la situation actuelle, du taux de chômage à venir et de la restructuration…
D’après le ministère des Finances, le taux de chômage montera de 6,8% l’an dernier à 17,5% cette année. On est dans une situation de chômage massif. Ce sont les PME et les indépendants qui souffrent le plus. Moi, je pense que l’Etat doit plutôt venir en aide aux PME, aux indépendants, aux micro-entrepreneurs. Je ne dis pas qu’il ne faut pas aider les grandes entreprises, mais on peut les aider d’une autre manière. On peut par exemple reporter le paiement des impôts, de la TVA. On peut les aider d’une autre manière que de les subventionner directement.

Comment voyez-vous notre avenir économique ?
Pour les trois prochaines années, la situation sera définitivement difficile. Même au niveau mondial, cela ne va pas se normaliser rapidement. 2020 est déjà une année perdue. Je vois mal le tourisme reprendre cette année, même pas avant le deuxième trimestre de l’année prochaine. L’exportation aussi prendra du temps pour reprendre, car nos principaux marchés sont en confinement, et donc l’activité économique reprendra lentement. Je crois que 2020 et 2021 seront très difficiles sur le plan économique, mais toute crise entraîne des opportunités. Ce sera l’occasion pour nous de tout revoir de fond en comble, tant dans le secteur public que dans le privé ; laisser les entreprises se restructurer, s’adapter, s’ajuster. L’Etat aussi doit revoir les dépenses publiques, les dépenses superflues, revoir les projets qui ne sont pas urgents et revoir les priorités en termes de dépenses. Il faut apporter des réformes. Je crois que la réforme de la pension de vieillesse est inévitable. Vu le gonflement du déficit budgétaire et l’explosion de la dette publique, je crois qu’une réforme du secteur public sera elle aussi inévitable. Il faut dégraisser là où on peut le faire ! Un gel salarial est plus que nécessaire dans le secteur public. Je vois mal le PRB par exemple cette année ou l’année prochaine. Les Duty Free Cars, etc. pour les fonctionnaires, tout cela doit être revu et remis en cause. Là où l’Etat peut faire des économies, il doit le faire !

Le monde sera dorénavant plus prudent avant de dépenser. Les secteurs tournés vers les produits de luxe connaîtront une traversée du désert…
Certainement. Les gens seront plus prudents avant de dépenser, même après le déconfinement, parce qu’il y a un risque d’une deuxième vague de l’épidémie. Ils auront le réflexe d’épargner pour les jours difficiles, ce qui est une bonne chose. On avait perdu l’habitude de le faire. Ce qui m’amène à dire que la politique de relance par la demande ne sera pas efficace parce que les gens ne seront pas intéressés à dépenser, si ce n’est pour les produits alimentaires. Les ménages renforceront leur épargne de précaution. Il y aura une mobilité réduite des gens, qui ne sortiront pas pour un oui ou pour un non, aller faire du shopping. Sur les lieux de travail, il faudra de la distanciation, ce qui implique une baisse de productivité. Ce sont des freins à l’activité. Sans compter le problème d’Air Mauritius. C’est vrai que, pour l’instant, il n’y aura pas une quantité de touristes qui seront intéressés à venir à Maurice. Dans le pire des cas, si MK est en faillite, notre diversification des marchés touristiques sera handicapée. Nous allons toujours nous concentrer sur l’Europe, avec Air France et British Airways. Ce sera difficile de diversifier sans MK.

Il va sans dire que le chômage s’accompagne aussi de problèmes sociaux, comme l’alcoolisme, la violence, les vols…
Avec le chômage il y a le risque de dégradation sociale, plus de vols et de violences sociales. Le gouvernement doit aider cette économie informelle, les PME, les indépendants et micro-entrepreneurs pour éviter l’explosion sociale.


ATMA SHANTO (FTU) : « Notre crainte : que le Covid-19 Bill facilite les licenciements »

ATMA SHANTO

Nous célébrons demain la fête du Travail. Mais le cœur des travailleurs n’est pas à la fête. Comment voyez-vous le monde du travail à la reprise ?

C’est la première fois que l’on vit une période pareille. Le monde du travail est aujourd’hui divisé en deux. D’un côté, des employés dans les services essentiels, qui travaillent normalement et qui risquent leur santé, et de l’autre, des employés qui sont confinés à la maison. La situation est telle que cette année ce ne sera guère facile.

Le fort taux de chômage sera une dure réalité dans le sillage du Covid-19. Quelles solutions entrevoyez-vous ?
J’ai attiré l’attention du ministre du Travail sur plusieurs questions. Certaines entreprises engagées dans la distribution alimentaire fonctionnent et plusieurs employeurs n’observent pas la distanciation sociale. Ils pourvoient du transport aux employés, mais ne respectent pas la distanciation dans ces transports en commun. De même, au sein de ces entreprises, cette mesure barrière n’est pas respectée. Or, on sait combien ces précautions recommandées par l’OMS sont fondamentales. Le gouvernement et Business Mauritius travaillent sur des plans de déconfinement. Je regrette qu’aujourd’hui, il n’y ait aucune consultation avec les fédérations syndicales. Les mouvements syndicaux ne sont pas au courant du plan du gouvernement.

Qu’est-ce que les mouvements syndicaux aimeraient pouvoir faire ressortir ?
Les mouvements syndicaux ont bien sûr leur mot à dire. Nos plus grandes craintes portent notamment sur la question des licenciements massifs. Quand on regarde ce qui se passe au niveau international, on a pu voir des centaines de milliers d’employés perdre leur emploi. A Maurice, est-ce que le gouvernement est en train de prendre les mesures nécessaires pour empêcher des licenciements massifs ? Ce qui confirme ma crainte, c’est que le ministère du Travail a mis une « Hotline » auprès du Redundancy Board. Il y a une obscurité totale, car on n’est pas au courant du nombre de demandes faites par les employeurs. C’est là notre crainte : qu’il y ait des licenciements massifs. Quand on entend que des nominés politiques au sein du ministère du Tourisme préparent des plans dans l’intérêt de propriétaires d’hôtels… Nous comprenons bien que l’hôtellerie ne rentrera pas en opération aussi vite. Aujourd’hui, certains hôtels, par une pareille période, vont en rénovation et demandent à leurs employés de prendre un « leave without pay ». Par ailleurs, certains employeurs imposent déjà certaines conditions, comme de payer la moitié du salaire ou pas de « local leave ». Notre grande crainte est l’avenir des travailleurs.

Pensez-vous que tout cela constitue un moyen déguisé pour les employeurs de licencier les employés ?
La loi actuelle parle de licenciements pour des raisons économiques. Je vois bien des employeurs demander au Redundancy Board d’examiner leur cas sur la base de raisons économiques. Ils vont tous utiliser cette raison. Par ailleurs, on entend parler du Covid-19 Bill, qui passera au Parlement, Au niveau des syndicats, nous ne sommes pas en présence de ce projet de loi. On ignore le contenu. Notre crainte, une fois de plus, est de savoir si le projet de loi facilitera les licenciements. Notre inquiétude grandit de jour en jour. Y aura-t-il obligation pour les employés de porter le masque dans le transport en commun et sur leur lieu de travail ? Cela ne coûte pas deux sous. Qui paiera ? Au niveau des entreprises, est-ce qu’il y aura les mesures de sécurité sanitaire et qui paiera ces dépenses ? Ce que nous comprenons aussi, c’est qu’il y a une pression très forte venant du secteur privé pour lever le confinement.

Faudrait-il une nouvelle loi pour mieux protéger les employés en cette période, justement, où il est facile pour les employeurs d’invoquer la raison économique ?
Il y a une section dans notre loi qui ne permet pas à un patron de faire un accord avec un employé ou un groupe d’employés. Il faut que cet accord soit fait en présence d’un syndicat ou d’un représentant du ministère du Travail. Or, dans plusieurs hôtels, je sais qu’il y a plusieurs choses qui sont imposées sans impliquer le ministère du Travail ou les syndicats. Je suis au courant qu’il y a des hôteliers, aujourd’hui, qui sont en train d’imposer des choses sur les employés de manière arbitraire. Donc, la loi est là, mais cela n’empêche pas à des employeurs d’imposer des choses à leurs employés. C’est là le drame.

Y a-t-il des hôtels qui ont déjà licencié leurs employés ?
Oui. D’après des documents qui sont en ma disposition, certains font croire qu’un employé ou un groupe d’employés aurait demandé un « leave without pay » et on leur a dit « voilà, cela a été approuvé », alors que l’hôtel va en rénovation. Cela se fait de manière très planifiée, en complicité avec leur conseiller légal. Le ministère du Travail est au courant. Nous, au niveau des syndicats, nous ouvrirons grand les yeux, car on sait bien que des hôtels et entreprises feront une demande d’aide auprès du gouvernement au nom des employés, mais l’argent sera utilisé à d’autres fins. Alors qu’on sait combien de milliards de roupies sont en train d’être mis à la disposition des entreprises et des hôteliers ! Certains hôtels ont licencié et, lorsque le ministère enquête, ils disent qu’ils n’ont licencié personne. Ils vont utiliser le fait que, selon la loi, si une entreprise licencie 15 personnes, elle n’a pas à aller devant le Redundancy Board. Ils profitent donc des faiblesses de la loi.

Quelles solutions ?
Nous vivons une crise sanitaire et les employeurs invoquent la crise économique. Pour nous, il n’est pas question que la classe des travailleurs porte le fardeau de cette crise. Le gouvernement et le secteur privé ne doivent pas faire porter ce fardeau aux travailleurs. Le gouvernement a une responsabilité auprès de la classe des travailleurs. Ceux-ci doivent continuer de vivre.


REAZ CHUTTOO (CTSP) : « Le secteur de l’alimentation pourra absorber le chômage »

REAZ CHUTTOO

Nous célébrons demain la fête du Travail. Mais le cœur des travailleurs n’est pas à la fête. Comment voyez-vous le monde du travail à la reprise ?
Il y aura deux problèmes : un secteur qui sera en berne avec des pertes d’emplois, comme dans le tourisme, l’aviation et les secteurs relatifs. Et de l’autre, il y aura ceux qui profiteront de la crise : des employeurs qui licencieront et qui réembaucheront à moindre prix. C’est la loi du « capitalisme », c’est ce qu’on appelle l’offre et la demande. Plus la demande pour l’emploi augmente, plus l’offre des salaires sera basse. Encore heureux qu’on ait pu fixer un salaire minimum. Autrement, on n’aurait pas hésité à payer un employé Rs 6 000 à Rs 7 000 par mois. Il y aura aussi un troisième phénomène, soit dans une situation d’augmentation du chômage, les employés ne porteront pas plainte auprès de leur employeur, car le travail sera rare. Et c’est là où nous verrons les faiblesses de nos institutions. Normalement, ce sont les autorités qui doivent veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus ou d’exploitation, mais on sait très bien que le pouvoir obtient de l’argent du secteur privé pendant la campagne électorale. Il y aura donc des fois où elles feront grand bruit et certaines autres où elles fermeront les yeux. Un exemple : il y a actuellement une grande « gaming enterprise » qui n’a pas hésité, le 31 mars, à licencier ses employés. Cette entreprise avait grandement financé la campagne électorale. Face à tout cela, il nous faudra des syndicats qui ne tiennent pas seulement des conférences de presse. Ils devront rivaliser d’idées pour faire de sorte que leurs revendications parviennent à bon port. Il faudra « act collectively in a global way ». Il y aura des syndicats qui perdront des membres avec les licenciements et ils auront donc une baisse de revenus. Et avec cela, une perte de motivation.

Faut-il une institution indépendante ou de nouvelles lois pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus envers les employés ?
Nos lois sont déjà là. Il nous faut juste une autorité pour les appliquer. Le gouvernement aura tendance à venir avec des dérogations. C’est pourquoi la CTSP est venue avec un mémorandum pour dire qu’il faut une consultation tripartite. Il faut un pacte de compromis pour une durée. Un exemple : des entreprises disent qu’elles couperont 10% de la paie des employés et 50% de la paie du CEO. Mais rien que les « fringe benefits » (billets d’avion, allocations, restaurants, etc.) de ce dernier équivalent à 50%. Comment cela se fait donc que pour l’employé, on coupe 10% et, pour le CEO, on touche seulement ses « fringe benefits » ? Il faut donc une tripartite, et non pas que le gouvernement vienne imposer des choses. Nous l’avons vécu en 2008, dans une moindre mesure. Dans les pays scandinaves, il y a des pactes sociaux qui se font sur une durée de temps. Chez MK, par exemple, il y a cinq à six pilotes qui touchent plus de Rs 1 million et beaucoup au-delà de 60 ans qui travaillent encore. Il suffit que le gouvernement passe une loi pour demander à tous ceux de 60 ans et plus de ne pas travailler et le salaire d’un seul de ces pilotes équivaut au salaire de 70 employés d’Airmate. Il faut des discussions pour une redistribution des salaires. Au sein du gouvernement, beaucoup de PS et PAS ont plus de 60 ans. Si on discute seulement avec le gouvernement, ces derniers ne sont pas bien placés pour ce genre de discussions. Il faut une structure avec de la transparence, avec les « right person at the right place ».

Quels sont les autres moyens pour gérer le fort taux de chômage ?
Il y a aujourd’hui trois problèmes. D’abord, comment protéger les gens contre le Covid-19 ? Il faut une loi spécifique. Il y aura des gens qui rentreront dans le secteur informel : vendre des produits sur la rue. Les collectivités locales doivent commencer à faire de la place avec des mesures de distanciation sociale pour permettre à ces personnes de travailler. Il y a des femmes qui peuvent bénéficier de formation pour opérer les machines sur des chantiers de construction et il n’y a pas lieu à ce moment de recruter des travailleurs étrangers. Pourra-t-on arriver à un niveau où l’on peut dire qu’il faut donner priorité aux personnes au chômage ? Doit-on permettre à chaque compagnie d’annoncer les postes vacants ? Ne faut-il pas passer par un système de pôle emploi ? Que tous les postes vacants passent par le ministère du Travail. Quand on passe par la compagnie, celle-ci peut dire que les Mauriciens ne veulent pas travailler. D’autant qu’il paraît que l’Inde et la Russie seront les prochains foyers du Covid-19. L’Inde arrête toute exportation à chaque surgissement de catastrophe. Or, Maurice importe 80% de ses produits alimentaires de ce pays. Il est donc temps de produire nos propres aliments. N’est-il pas temps que l’Etat regroupe ces personnes et leur donne de l’espace pour produire à manger ? Le secteur de l’alimentation pourra absorber le chômage.

Il va sans dire que le chômage s’accompagne aussi de problèmes sociaux, comme l’alcoolisme, la violence, les vols…
Il faut occuper les gens en les encourageant à cultiver des légumes chez eux. Les espaces abandonnés en ville peuvent être convertis en jardins communautaires. Cela encourage en même temps la socialisation et évite qu’on bascule dans les fléaux sociaux. Il faut encourager le système de « bartering ». Pour cela, il faut de la volonté politique.