Photo prise dans un centre de la MSAW début avril 2020. On y trouve des chiens squelettiques et agards avec des mangeoires vides

Suite à notre article intitulé « Privés d’eau et de nourriture: plus d’une centaine de chiens auraient trouvé la mort dans l’indifférence générale », paru le samedi 4 avril, la rédaction de Week-end a reçu dimanche dernier un courriel de Mme F.B. Ganga, Officer in charge et Administrative manager de MSAW, puis d’Arun Bhinda, Chairman de MSAW.Dans son courriel, Arun Bhinda qualifie notre article de « highly prejudicial, unfounded, baseless, defamatory and factually untrue » et demande d’enlever ledit article de notre site web. Dans le cas contraire, « we shall have recourse to legal actions against your newspaper » a-t-il écrit. Dans un autre courriel, signé Mme F.B.Ganga, celle-ci déclare que « La MSAW dément en bloc les éléments parus à l’effet que les chiens n’avaient pas accès à la nourriture et l’eau. En suivant les consignes  du gouvernement, l’administration de la MSAW a obtenu des Work Access Permit à ses employés qui doivent travailler durant le confinement. Une équipe de six personnes est dédiée à nettoyer les niches, approvisionner une cinquantaine de chiens au quotidien durant le confinement général. Le médecin responsable et la vétérinaire de service vérifie la santé des chiens en effectuant des visites au Animal Home de Port Louis et la MSAW de Rose Hill quotidiennement. La MSAW souligne que toutes les dispositions ont été mises en œuvre  pour assurer que les chiens ont accès à l’eau, la nourriture et aux soins vétérinaires durant le confinement national ».

NDLR : Signalons que pour étayer notre information qui provient de l’intérieur du MSAW, Week-End  possède des images dont celles qui accompagnent ce texte et prises début avril 2020. Ces images tendent à confirmer les dires de nos sources d’où le conditionnel utilisé. Nous avons maintes fois tenté de contacter la direction de MSAW ainsi que l’incinérateur de Belle Mare, pour avoir leurs versions des faits, sans aucune réponse.

Nous avons alors pris contact avec le ministre Maneesh Gobin qui nous a répondu qu’il va « check and revert ». Nous lui avons aussi demandé l’autorisation de nous rendre sur place, soit dans les locaux de la fourrière de Vallée-des-Prêtres afin de vérifier de visu si les infos que nous avons reçues étaient exactes. Demandes restées sans réponse à ce jour.

Circulent  en ce moment des images de plusieurs chiens squelettiques sur les lieux où d’autres chiens seraient morts, selon notre source, comme ceux que  MSAW avait récupéré l’année dernière chez un homme suspecté de zoophilie et qui ont été sauvés par des volontaires et des ONGs cinq mois après. Dans les différents messages envoyés par les activistes suite au communiqué publié dimanche par la MSAW sur facebook, demandant l’autorisation de s’introduire dans les locaux afin de vérifier par eux-mêmes la véracité de l’article publié dans le Week-End, pourquoi ce dernier est-il resté silencieux?

Afin de rassurer le public, nous souhaitons que MSAW réponde aux questions suivantes :

Que vont devenir les chiens restants. Vont-ils subir le même sort que  les autres chien et ces chats qui se trouvaient dans les locaux de Rose Hill et qui auraient connu une triste fin dimanche?

Comment se fait-il que les locaux de MSAW fussent injoignables au téléphone pendant le confinement?

Selon nos sources, aucun des employés n’a travaillé durant la première période de confinement. Ils auraient repris le travail le jeudi 2 avril. Confirmez-vous ou pas ?

S’il y a bien un médecin vétérinaire qui fait des visites régulières à la fourrière, comment se fait-il que ce dernier ne se soit pas aperçu de l’état alarmant des chiens? Et si oui, a-t-il soumis un rapport au Veterinary Council à cet effet?

La MSAW pourra-t-elle commenter les images datées du jeudi 2 avril, Soit ces nombreux chiens livrés à eux-mêmes sans eau ni nourriture?

Comment se fait-il que MSAW reste sourd à toutes nos demandes d’interviews et de reportages les concernant alors que suite à notre article dénonçant les conditions de vie des animaux pendant le confinement, il s’est trouvé des colonnes généreuses pour sortir un article favorable concernant leurs obligations en mentionnant que tout se passe bien au sein de leurs services?