Yuval Pick et quatre de ses danseurs présentent les pièces Loom et Playbach (et non Playback…) le 13 février prochain, à 20 h au Mahatma Gandhi Institute. Comme souvent chez ce chorégraphe, la musique et le geste entretiennent des liens extrêmement étroits.
Il est de coutume de dire que la musique est l’art qui utilise le plus complètement nos neurones. Il n’est alors pas étonnant de constater que son écoute puisse aussi bien régénérer que dépayser, relaxer ou surexciter, faire surgir toutes sortes de pensées et émotions aussi bien que nous amener à battre la mesure, taper du pied, ou mieux encore : nous dandiner…
Mais quand Madoka Kobayashi et Anna Massoni dansent sur une récente création d’un chef de file du renouveau musical français, ils vont certainement beaucoup plus loin que simplement se dandiner… offrant un prolongement visuel à la musique, montrant ce qui est indicible et nous aidant peut-être à mieux appréhender la musique contemporaine.
Yuval Pick a conçu la danse ici comme une partition de mouvements, dans laquelle il insère la musique du jeune Nico Muhly à la manière d’une loupe qui viendrait de temps à autre révéler des détails ou des espaces, mettre en exergue la musicalité intrinsèque du mouvement et de l’énergie qu’il suppose. Bref, se superposer à la danse dans un dialogue basé sur le principe du rebond. Loom a été créée l’an dernier.
La pièce qui suivra sera interprétée quant à elle par trois artistes : à nouveau Madoka Kobayashi, puis Lazare Huet et Antoine Roux-Briffaud. Comme l’indique le jeu de mots Playbach, cette création plus ancienne (2010) nous invite à remonter le temps sur le plan sonore grâce à des enregistrements du chantre de la Renaissance, que les danseurs choisissent sur un iPod au fil de la danse. Ici le chorégraphe explore la notion de poids au sens d’accompagner le poids de l’autre, l’accueillir avec toute son histoire, négocier sans cesse et se transformer à son contact, un hymne à la joie… de communiquer, peut-être…