Les 28, 29 et 30 août sont les dates à retenir pour le prochain spectacle de l’Art Academy pour lequel Anna Patten a réuni les musiciens et danseurs avec lesquels elle harmonise le mieux ses pas, les stylistes et décorateurs aussi les plus aptes à accompagner visuellement ces mouvements de ballet qu’on nous promet torrides. Rhythm on fire accueillera Imran Ghulam Ali qui vient spécialement du Pakistan pour apporter sa propre touche vocale dans la tradition du ghazal. Et Ghulam Mohd revient de Delhi jouer ce bel instrument nuancé qu’est le sarangi, dont Anna Patten traduira les nuances visuelles.
Le feu de la passion prend tout et veut tout. Et la danseuse et chorégraphe Anna Patten s’investit à fond dans la mise au point du nouveau spectacle qu’elle a monté avec la complicité fidèlement renouvelée du musicien Shakti Chane Ramchurn. Les artistes promettent une explosion rythmique et visuelle, où le son guide le pas dans une exploration des traditions musicales et chorégraphiques de Maurice, de l’Inde et de l’Afrique. Le joueur de sarangi Ghulam Mohd connaît déjà bien la troupe de l’Art Academy puisqu’il avait fait partie des musiciens de Katha’zz et avait contribué au succès de ce spectacle lorsqu’il a été présenté en Inde avec cet instrument ancien et magnifique.
Le rythme étant le roi de la fête pour guider les pas et créer cette énergie de la danse qui propulse le spectateur dans la plénitude du mouvement, Shakti Chane Ramchurn est le maître de musique dans ce spectacle voué à la rencontre des traditions rythmiques telle qu’elle peut s’accomplir à Maurice, ce pays du continent africain sous l’influence de l’Inde et de l’Asie. Outre ce tabliste, les danseurs de l’Art Academy, Anna Patten et les deux artistes indiens, sont également nommés à l’affiche Danielly Louison, Johan Leste, Steven Bernon, Ludovic Félicité, Adam Dacey et Nitin Duva Pentiah.
Puisons dans les souvenirs des spectacles montés par le couple d’artistes Anna Patten-Sanedhip Bhimjee, les costumes aux soies et couleurs éclatantes évoluant dans des décors imaginés de quelques tableaux symboliques et histoires légendaires, l’alliance des traditions musicales, les audaces gestuelles et l’on peut se faire une idée de l’ambiance qui animera l’auditorium du MGI à la fin du mois, une idée très relative cependant tant la satisfaction que communique ce genre de spectacles se vit et se partage avant tout, au-delà des mots et des souvenirs.
L’instrument aux cent nuances…
Avec le vocaliste Imran Ghulam Ali et l’instrumentiste Ghulam Mohd, le sarangi est pour ainsi dire l’autre invité de ces soirées tant cet instrument se caractérise par sa capacité à nuancer le son avec la profondeur et la richesse de la voix humaine. Dérivée du sanskrit, son étymologie signifie « cent couleurs ». Cette vièle à archet est tout d’abord un bel objet de lutherie confectionné dans des matériaux nobles, tels que le bois de mûrier, la peau de chèvre, l’os ou l’ivoire. Il porte quelque 35 cordes métalliques accordées selon des échelles différentes, certaines étant inaccessibles, trois d’entre elles pouvant atteindre trois octaves et demie. Très présent dans le folklore rajasthani, il est prisé un peu partout en Inde et connaît des variantes penjabie et cashmerie. Il se joue posé sur les chevilles en étant assis en tailleur. L’archet, convexe et lourd, est actionné paume tournée vers le ciel, le majeur et l’annulaire devant être placés entre la mèche de crin et la tige en ébène. Certaines cordes devant être pincées, il peut parfois blesser les doigts du musicien. Aussi se désaccorde-t-il très vite et nécessite une attention de tous les instants et une pratique assidue. Instrument complexe, dont les chevilles très serrées se règlent avec une clé en bois, il peut aussi bien accompagner que devenir un excellent instrument soliste qui sera par exemple rehaussé par les tablas. Avec son jeu à base de glissando, il se caractérise par un son relativement triste.