Après le “soft launch” du 30 septembre et les dates repoussées pour démarrer les opérations du métro, la dernière ligne droite finale est entamée par la compagnie sur laquelle repose la lourde responsabilité d’opérer ces trains. Le certificat de l’Independent Safety Assessment se fait toujours attendre et Metro Express Ltd (MEL) reste « confiante » qu’elle passera cette étape « avec brio ». Selon son CEO, « l’impatience se fait déjà sentir chez la population pour voyager à bord des trains ».

Quand serons-nous en mesure de voyager à bord du métro gratuitement ? Pouvons-nous avoir une date précise ?

Le public pourra prochainement voyager gratuitement dans le métro. Plus de détails vous seront communiqués très bientôt. Par ailleurs, à la Metro Express Ltd les préparatifs vont bon train. Nous mettons tout en œuvre pour l’entrée en opération.

Ne pensez-vous pas que le fait que les dates soient repoussées quant à la mise en service du projet fait perdre l’engouement des Mauriciens ?

Bien au contraire, comme dans d’autres pays, nous constatons que les gens sont impatients de voyager dans nos trains, encore plus en cette période festive. “Watch this space” comme on dit en anglais.

Ce projet de taille est certes ponctué de défis. Pensez-vous que MEL a été à la hauteur s’agissant de sa communication pour répondre aux questions du public ?

La communication et l’engagement avec le public ont été des défis très intéressants à relever étant donné la complexité du projet et la multitude des différents partenaires impliqués; on a été constamment sur la brèche. Nous nous sommes engagés de manière proactive avec le public. Au départ, on peut imaginer l’envergure du défi avec un parterre de parties prenantes et surtout la presse écrite et parlée. Néanmoins, cela a été et est toujours une expérience très riche, c’est une “learning experience”, surtout pour notre équipe de communication. Mais comme vous le savez, la communication, c’est avant tout comprendre son audience. De plus, la communication est aujourd’hui 24/7, avec le nombre grandissant de Mauriciens sur les réseaux sociaux. Comme c’est un projet national, les gens sont passionnés et partagent différentes opinions. Cela nous a permis d’élargir notre expérience et compétence. Au départ, notre communication tournait autour de nos sites et les travaux. On a donc eu à établir une stratégie sur plusieurs volets, nous permettant ainsi de répondre à l’attente et aux opinions de tout le monde. D’ailleurs, nous avons lancé une campagne de communication en trois volets, à savoir la phase 1, avec la sensibilisation à propos de ce nouveau mode de transport ; la phase 2, avec l’éducation sur l’utilisation du système ; et, ensuite la phase 3, la promotion continue sur les bénéfices, bienfaits et comment utiliser le système. Nous avons mis en place plusieurs canaux de communication où nous transmettons les informations primordiales sur le Metro Express. Nous communiquons régulièrement avec les médias qui sont nos partenaires indispensables.

On n’arrête pas de parler de ce fameux certificat, même s’il n’est pas légalement nécessaire pour la mise en opération des trains. Quelle est l’assurance additionnelle que vous donnez au public voyageur ?

Effectivement, nous avons déjà nos cinq niveaux d’assurance notamment, pour rappel, le contracteur L&T, dans le cadre du contrat d’ingénierie-approvisionnement-construction (EPC), et RITES, notre superviseur, qui donnent les assurances en ce qui concerne qualité, sureté et sécurité. Ensuite, il y a Singapore Corporation Enterprise (SCE), qui a conçu le modèle de référence en prenant en compte les meilleures pratiques de l’industrie ferroviaire. Quatrièmement, il y a le SMRT, qui supervise aussi avec RITES et MEL, le fonctionnement des essais, tests et “trial running”. SMRT a aussi formé le personnel pour les opérations, etc. MEL travaille aussi en étroite collaboration avec toutes les autorités concernées, telles que la police, les pompiers, la TMRSU, CEB et CWA, ainsi que le ministère du Transport et la NLTA, avec qui on travaille de concert pour veiller à ce que nous soyons prêts à exploiter notre système de métro léger. Sans compter que MEL a aussi contracté et mis en place les assurances des compagnies d’assurances — SWAN et SICOM. Nous sommes donc très confiants dans tout le Light Rail System, qui a été conçu, assuré et testé d’après les normes internationales. C’est pour cela que nous sommes confiants que nous passerons aussi l’étape de l’Independent Safety Assessment avec succès très bientôt.

Des arbres centenaires sont abattus pour la phase 2. N’y avait-il pas d’autres moyens pour qu’on les sauvegarde ?

La plupart des arbres que nous coupons sont beaucoup moins âgés, car ils se trouvent sur l’itinéraire de l’ancien chemin de fer, mis à l’arrêt en mars 1956. Pour des sujets de cette taille, il n’est pas possible de les transplanter. Par contre dans le contrat avec l’entreprise, L&T s’engage à replanter trois fois plus d’arbres qu’il n’en coupe. La replantation est en cour au Jardin botanique, au dépôt de Richelieu et parallèlement MEL développe un parc de plus de 8 arpents, l’Ébène Recreational Park, où 62 000 plantes seront mises en terre et 2 500 arbres, dont 65%, sont des espèces endémiques. Les travaux se poursuivent comme prévu à l’Ébène Recreational Park.

Ce parc innovateur situé entre la Cybercity et la station de Metro de Rose-Hill, au coût total de Rs 100 millions, sera une première à Maurice. Le projet comprend un parcours de santé, des boulodromes, un amphithéâtre à ciel ouvert, un grand jardin d’enfants comprenant de multiples jeux, un bassin d’eau, une esplanade, etc. Les architectes du parc ont imaginé un espace propice à la détente et, à l’admiration de la nature, avec un modelage du terrain alternant espaces en relief et espaces ouverts dans l’axe de la vue des montagnes de Moka. La saison des pluies approchant, cette période est propice pour la plantation et correspond à la vision de MEL de développement durable, car moins d’eau sera nécessaire pour l’irrigation.

Pour chaque arbre abattu, il semble que trois autres sont mis en terre. Pourrions-nous connaître le nombre d’arbres déjà plantés ?

À ce jour, plus de 1 100 arbres ont été abattus entre Curepipe et Rose-Hill et 115 ont été transplantés pour la phase 1 et 194 pour la phase 2.

Gardez-vous toujours cette confiance que le projet changera l’industrie du transport à Maurice ?

Oui, nous sommes persuadés que le projet Metro Express contribuera non seulement au développement du secteur du transport en commun à Maurice, mais aussi au développement urbain et apportera plus d’opportunités pour tous et aussi augmentera la croissance économique et la qualité de vie. Ce projet sera le maillon fort de la promotion du transport intégré et du mode de déplacement multimodal (piéton, bus, taxi, métro, entre autres). Il est grand temps pour notre île de bénéficier de ce mode de transport alternatif.

Sommes-nous « on track » pour la phase 2 ? Quels sont les défis qui se présentent ?

Nous sommes en avance pour la phase 2a, qui reliera Quatre-Bornes à la phase 1 d’ici fin 2020, au lieu de 2021 comme originalement prévu. La phase 2b, soit le projet dans sa globalité, reliant Curepipe à Port-Louis sera complétée d’ici fin septembre 2021. Les travaux sont en cour en ce moment. Les défis sont les mêmes que pour la phase 1, c’est-à-dire les défis techniques et climatiques (saison cyclonique à gérer pendant la construction), ainsi que les empiétements. Nous continuerons de travailler avec tous les différents “stakeholders” pour trouver les meilleures solutions afin de limiter les inconvénients pendant les travaux.