Le projet de film de David Constantin, Lonbraz Kann, a obtenu 240,000 euros de financement provenant de ACP Cultures et de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Le film devrait se tourner en avril 2013 avec des acteurs mauriciens et de la région.
“Ce financement rassure les organisations qui voudraient s’associer au film. Cette somme représente environ la moitié du budget du film, qui est de 500,000 euros. Nous espérons trouver le reste du financement avant la fin de l’année”, précise le réalisateur David Constantin. Le long métrage en question, une comédie dramatique dont le titre provisoire est Lonbraz Kann, est coécrit par la Française Sabrina Compeyron, qui a animé à plusieurs reprises des ateliers au festival Île Courts. L’écriture du scénario a débuté il y a deux ans. Le film devrait durer entre 80 et 90 minutes et sera tourné en créole, avec des sous-titrages en français et en anglais.
L’histoire.
L’histoire tourne autour de sept habitants d’un village. Ils ont tous la cinquantaine et travaillent sur une propriété sucrière. Leur vie est bouleversée lorsque le moulin à sucre ferme ses portes. Les scénaristes soulignent que le film peut être transposé sur l’échiquier mondial. “Anecdote du bout du monde pour certains, pour nous, cette histoire est aussi celle des ouvriers des chantiers navals français, des usines textiles ou automobiles européennes. Contextuellement singulière, elle nous apparaît fondamentalement universelle.” Ils ajoutent que le film, en filigrane, parle “d’une économie libéralisée sur ceux qui sont à l’extrémité d’une chaîne dont ils ont du mal à mesurer et la logique et la puissance”.
Le projet Lonbraz Kann veut être “une base sur laquelle d’autres pourront s’appuyer pour développer le cinéma dans l’océan Indien”.
Atelier.
Le tournage est prévu en avril 2013, si tout se passe bien. David Constantin précise qu’un des gros chantiers du film sera celui de former les comédiens. “Avant le tournage, nous aurons un atelier pour les comédiens, qui sera animé par l’actrice française Marie Raynal. Nous allons essayer de travailler avec un maximum de Mauriciens et des gens de la région. Il n’est pas improbable que lors du casting, nous choisissions plusieurs personnes et gardions les meilleurs à la fin.” Une formation technique est également envisagée pendant la production.
Lorsqu’il sera enfin prêt, le film devrait être proposé aux festivals. “L’idée est de le montrer à un très large public. Le parcours classique est de le placer dans les festivals. Après quoi, nous envisagerons des projections commerciales. Nous comptons également le proposer à la télévision et en Video On Demand (VOD) sur le net.”
Rappelons que David Constantin a tourné trois courts métrages : Made in Mauritius, Bisanvil et Colas, le dictionnaire. Il a également réalisé deux documentaires, Diego l’interdite et Les accords de Bella.