Le syndicat des employés de la Banque de Développement a lancé un appel hier au Premier ministre. Il lui demande de nommer un comité ministériel en vue de se pencher sur le projet de restructuration de l’institution financière ainsi que sur la sauvegarde des droits du personnel.
« Les employés de la Banque de Développement (DBM) sont dans le noir, car ils sont incertains quant à leur avenir », a déclaré Damendrasendsing Bhagirutty, président du syndicat des employés de la DBM, lors d’une conférence de presse à l’hôtel St-Georges, Port-Louis. Le syndicat estime que les employés de la banque sont en droit d’obtenir des informations « fiables » sur le projet de restructuration de l’institution financière et d’avoir la possibilité de se faire représenter et d’être écoutés par tout comité responsable du pilotage du projet de restructuration. « En tant que syndicat responsable, nous ne sommes pas contre une restructuration ou un changement, mais pour le personnel, c’est l’emploi qui demeure le sujet d’inquiétude », a souligné le président.
La direction du syndicat a fait ressortir qu’en cas de disparition de la DBM, les parties concernées devraient s’assurer de la pension des employés et que la pension soit réadaptée à chaque révision salariale dans la fonction publique. Le syndicat estime également qu’il faudrait tenir en compte la carrière de chaque membre du personnel, qui sera éventuellement appelé à travailler dans la nouvelle institution mise en place. Il suggère aussi que la formule du VRS (Voluntary Retirement Scheme) soit corrigée, car celle-ci « n’est pas aussi favorable » que celle proposée par le Sugar Insurance Fund Board.
Revenant sur la récente déclaration faite par le ministre des Finances à l’effet que la DBM sera transformée en une banque des Petites et moyennes entreprises (PME), la direction du syndicat a estimé que la nouvelle institution se livrera à des opérations commerciales et sera régulée sous la Banking Act. La DBM, a-t-on fait ressortir, gère actuellement plusieurs plans d’assistance du gouvernement et aide énormément au développement de l’économie. Malheureusement, ont poursuivi les dirigeants du syndicat, certaines personnes semblent aujourd’hui oublier le rôle joué par la DBM et veulent faire abstraction du rôle social de l’institution.
Darmendrasendsing Bhagirutty a rappelé que la DBM compte environ 50 années d’existence et qu’elle a remplacé la banque agricole qui, elle, date de 1936. La DBM a été créée pour aider les gens à revenus modestes éprouvant des problèmes quant à l’accès aux crédits. La DBM, a-t-il indiqué, a apporté une grande contribution au développement des activités dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme, de l’industrie, de l’informatique, de l’énergie renouvelable et, surtout, des PMEs. « La DBM a son empreinte dans chaque foyer. La DBM, c’est un patrimoine », a déclaré le président du syndicat.
L’absence de mesures de soutien budgétaire à la DBM ces dernières années a par ailleurs été décriée. « Au lieu de mettre les facilités nécessaires à la disposition de la DBM, qui a une expertise en matière de financement des PMEs, on préfère offrir des garanties aux banques commerciales », a regretté la direction du syndicat, qui se demande si les grandes banques commerciales soutiendront financièrement les petits éleveurs, pêcheurs ou planteurs de légumes.