Lors de la séance d’hier de l’enquête judiciaire pour faire la lumière sur les inondations du 30 mars 2013, l’Adjoint au commissaire de police Mario Nobin, est venu attester que le Commissaire de police a mis sur pied un plan d’action d’urgence pour Port-Louis où toutes les autorités concernées sont impliquées afin d’apporter leur soutien sur le terrain en cas de nouveaux flash-floods. Il devait soutenir que les forces policières avaient été déployées le jour du drame quand ils ont pris connaissance de la situation chaotique à Port-Louis.
Le DCP Nobin, qui représentait le commissaire de police au sein du défunt National Disaster and Operations Coordination Centre (NDOCC), qui représentait le bras opérationnel du Cyclone and Other Disaster Committee, situé aux Casernes centrales, devait soutenir que ce centre avait pour responsabilité de lancer, selon les directives du commissaire de police, des campagnes de sensibilisation et de diriger des exercices de simulation pour des situations d’urgence tels que des déversements de pétrole, des tsunamis ou encore des inondations. Le National Risk Reduction and Management Centre est désormais l’institution responsable de ce genre de calamités. Questionné sur les événements du 30 mars 2013, le DCP Nobin devait soutenir qu’il y avait des signes avant-coureurs d’imminentes inondations vue que les courses aux Champ-de-Mars avaient été annulées et qu’il y avait de grosses averses à Port-Louis. Cependant, ajoute-t-il, la station météorologique de Vacoas n’avait pas enregistré 100 mm de pluie dans les endroits à risques, raison pour laquelle le comité ne s’était pas réuni. Après avoir pris connaissance de l’étendue des dégâts, le commissaire de police devait néanmoins mettre sur pied un comité de crise, réunis à la SMF Warrior Retreat de Vacoas vers 15 h afin de remédier à la situation et d’effectuer des déploiements dans la capitale vu qu’il y avait des personnes en difficulté. Le DCP devait concéder qu’il n’y avait pas eu d’avertissements de flash-floods avant le drame vu que les grosses averses s’étaient abattues sur l’île soudainement. Il devait ajouter qu’auparavant, dans de telles situations, le public était informé par le PIOR et les médias par le biais de messages émanant de la station météorologique de Vacoas. Questionné par Me Viren Ramchurn sur le fait que le comité avait reçu des messages du PIOR ce jour-là, le DCP devait attester qu’il avait lui-même informé cette institution de la situation vers 13 h 20 quand il a appris que les courses au Champ-de-Mars avaient été annulées. De là, la Local Disaster Operations Coordination Room déploya deux divisions afin de contrôler les opérations sur le terrain et effectuer le déploiement des forces policières et d’autres autorités comme la SMF, la Police Helicopter Squadron et la National Coast Guard sur les endroits les plus affectés par les inondations. Selon lui, les difficultés éprouvées lors des opérations de sauvetage ce jour-là ont été notamment la communication entre les différentes autorités impliquées. Il a ajouté que le système de communication interne doit être amélioré afin de pouvoir agir le plus vite possible.
Par ailleurs, la séance d’hier a vu le témoignage du Deputy Chief surveyor du ministère des Terres et du Logement, Satrajeet Dulbhujun, interrogé sur la légalité des projets de construction dans la capitale, avec notamment quelques bâtiments sont construits sur des drains. Ce dernier n’a pas été capable d’affirmer si la Garden Tower, qui est construite sur un drain, avait reçu le feu vert des autorités pour couvrir une partie de ceux-ci. « There have been no legislation as such for the covering of the drains, we are waiting for a case in court to end in order to pass the legislation ». De plus, un projet de la société Bridge Tower qui avait reçu l’autorisation de construction par les autorités avait été remis en question en cour devant le Deputy Chief Surveyor. Selon lui, le projet initial de la société était de construire une esplanade près du Ruisseau du Pouce mais Me Anuradha Purryag-Ramful, représentant du ministère public, devait remettre en question la légalité du projet vu qu’une partie des terres du Ruisseau du Pouce était destinée à usage privé.
Rappelons que l’enquête judiciaire a été initiée par le DPP afin de faire la lumière sur les inondations du 30 mars 2013, qui ont fait 11 victimes : Jeffrey Allan Wright, Sylvia Wright, Toolsee Ram Ramdhari, Pravin Kumar Khoosye, Karmish Saligram Tewary, Dhanraj Saligram Tewary, Retnon Sithanen, Rabindranath Bhobany, Fan Lan Wong Tat Chong Lai Kim, Christabel Moorghen et Stevenson Henriette.