Photographe baroudeur, Dean Yeadon a ramené de Rodrigues et de Madagascar des scènes de vie contant la joie d’îles baignées d’une lumière qui façonne les paysages et transforme l’ambiance. L’ensemble compose un beau photoreportage, présenté sous la forme d’une exposition à Grand-Baie.
S’il s’était arrêté à l’évidence que le monde est parfois déprimant, il y aurait sans doute eu moins de soleil dans les photos de Dean Yeadon. Doux à l’aube, chaud en journée, poétique avant de se perdre dans les flots et la nuit, l’astre éclaire les paysages d’éclats changeants, variant les ambiances en faisant vivre les couleurs.
Éclairé de cette lumière, aussi éphémère soit-elle, chaque instant est porteur d’une émotion qui raconte l’éternité.
Dean Yeadon aime les scènes joyeuses. Celles qui, baignées de soleil, réchauffent les coeurs et transportent les âmes vers ces jardins d’Éden qui nous entourent et auxquels nous sommes souvent indifférents. Sur les routes de Rodrigues et de Madagascar, l’homme a contemplé la joie. Un bonheur naturel qui prend le dessus sur les difficultés et qui permet aux peuples des îles de savourer l’optimisme à chaque instant.
Rôle témoin.
Les photos de la collection qu’expose Dean Yeadon en ce moment au 2Tribes Grand-Bay Business Quarter (Chemin 20 Pieds) racontent des scènes de vie dans ces deux îles. Des images prises sur le vif, sans mise en scène, pour ne pas altérer ces bribes d’éternité et l’histoire qu’elles portent.
Ancien photojournaliste, le Sud-Africain se contente du rôle témoin, se faisant oublier derrière le viseur de sa caméra pour garder l’attention sur le sujet immortalisé en couleurs ou en blanc et noir. C’est la seule règle qu’il semble s’imposer. Dean Yeadon a précisé à Scope qu’aucun thème n’avait été prédéfini pendant la préparation de la présente exposition, qui se veut une invitation au voyage et à la découverte.
Richesses.
Il transporte ainsi le visiteur le long des chemins qu’il a parcourus à pied ou à moto, à la rencontre de ces peuples qui vivent toujours l’authenticité dans une ambiance de quiétude qui fait rêver.
Lorsqu’il a découvert Madagascar et Rodrigues, Dean Yeadon s’est rendu compte que les images cartes postales offraient une vision déformée d’une réalité nettement mieux colorée. Il a voulu montrer d’autres richesses et des visages d’hommes, de femmes et d’enfants pris en flagrant délit de joie de vivre dans leur environnement sur terre, sur mer et même sous l’eau. Dean Yeadon n’a pas eu peur de se mouiller pour mieux explorer les différentes facettes des îles.
Expédition.
Installé à Maurice depuis quelques années, Dean Yeadon n’a pas terminé son trajet. L’aventure est loin d’être bouclée pour le photographe, qui avait rendu un très bel hommage à Rodrigues à travers le livre Rodrigues by Dean Yeadon, sorti l’année dernière. Après Grand-Baie, son exposition sera installée à la Galerie d’IBL à Port-Louis, avant de bouger vers la librairie de Port Mathurin, pour aller ensuite à Johannesburg, à Paris et en Russie. Il sera bientôt de nouveau sur les routes de Madagascar pour une nouvelle expédition photographique et prévoit une aventure similaire dans les petits villages russes.
Soulignons qu’à travers la vente de ses oeuvres, Dean Yeadon a prévu la somme de Rs 400,000 pour contribuer au développement de l’école de Port Sud-Est à Rodrigues.