La musique metal, toutes guitares en avant, se décline en heavy, death, doom, etc. Pour s’y retrouver Olivier « Zoltar » Badin, journaliste spécialiste du genre, s’est plié à un jeu des 7 familles suggéré par l’AFP.

. Heavy metal, le patriarche

« Le point de départ, c’est le heavy metal », expose Olivier Badin, qui cite en référence Black Sabbath. « Avec le groupe d’Ozzy Osbourne on passe du hard rock – joué par Led Zeppelin ou AC/DC, aux racines rock et blues – à une musique aux consonances plus sombres ». « Voir des gens faire la queue devant les cinémas pour des films d’horreur les a inspirés, ils se sont dit +faisons ça+, d’où des textes sur une rencontre avec satan ». Leur son vient d’un accident: « ils sont issus de la classe ouvrière de Birmingham, leur guitariste Tony Iommi perd deux bouts de doigts au travail et ne peut plus faire que des accords mineurs, sombres ».

. Speed et thrash metal, les tontons énervés

« A chaque fois que le genre s’est embourgeoisé, on est passé à un cran différent », poursuit le spécialiste, dont l’alias était « Zoltar » du temps d’une radio associative. Le speed metal – « rythme accéléré, chant suraigu, comme chez Agent Steel »  – sert de pont entre le heavy et le thrash metal, « plus rapide et technique, avec une attitude proche du punk, plus urbaine ». Les portes drapeaux en sont Megadeth, Anthrax, Slayer et Metallica, avant que les membres de cette dernière formation ne se coupent les cheveux, lèvent le pied et « franchissent le cap entre une scène ghetto et le grand public avec le fameux Black Album (1991) ».

. Death metal, le cousin « gore »

« C’est du thrash en version accélérée, une thématique extrême – le gore, le satanique – et un chant guttural, difficilement compréhensible », décrypte Olivier Badin. Le groupe Carcass est composé de « végétaliens, militants de la cause animale » dont les paroles sont tirées d’ouvrages médicaux de la sœur de l’un d’entre eux, comme des « compte-rendus d’autopsie ». Le groupe Cannibal Corpse a lui fait scandale avec une pochette où « deux zombies découpent le cadavre d’une femme enceinte ». « Je connais bien les membres du groupe, ils sont mariés, ont des enfants, des gars normaux », précise le journaliste.

. Black metal, les neveux dérapent

« Une deuxième vague de black metal vient de Scandinavie dans les années 1990, avec une production volontairement cradingue, une musique minimaliste, répétitive, des maquillages façons cadavres, des propos satanistes, un pincée de moyen-âge, de virilité viking » décrit « Zoltar ». Les dérapages arrivent: un des chanteurs de Mayhem se suicide par arme à feu « et le guitariste, avant d’appeler la police, prend des photos et récupère des bouts de crâne ». Il finira lui même assassiné « de plus de 20 coups de couteau par un rival », un musicien surnommé Burzum, également reconnu coupable auparavant d’incendies d’églises classées en Norvège.

. Doom et drone metal, les rejetons « arty »

Nouveau contre-pied. « Le doom metal, joue lentement, sur une ambiance mortifère, comme chez Candlemass, Saint Vitus: c’est le vrai parent du drone metal », éclaire le fin connaisseur. « Le drone, c’est très lancinant, on a enlevé la batterie, c’est un magma de distorsion, on se laisse porter, c’est très arty ». Le leader du genre, Sunn O))), formation devenue hype, est en résidence à la Gaîté Lyrique à Paris pour trois shows du 31 janvier au 2 février à Paris et avant cela en concert en Italie, en Belgique (29 janvier) et au Luxembourg (30).

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