Ashit Gungah, député du MSM, s’est appesanti sur le secteur de la pêche artisanale. « Le ministre des Finances a annoncé quelques mesures, mais elles ne sont pas vraiment en faveur des Artisanal Fishermen qui partent en mer très tôt le matin dans leurs pirogues au risque de leur vie ». C’est une occasion ratée, de son point de vue, pour permettre à ces partenaires économique et sociaux d’être parties prenantes du développement du pays.
Ashit Gungah soutient qu’avec notre zone économique exclusive de 2,3 millions kilomètres carrés – une superficie plus grande que plusieurs pays d’Europe combinés – le gouvernement aurait dû venir avec des idées innovatrices pour le développement de la pêche. Cela aurait, selon lui, permis également au secteur de la pêche de devenir un pilier important dans l’économie mauricienne. « Avec cet espace maritime, on peut créer des dizaines de milliers d’emplois et, par extension, cela aurait des effets positifs sur d’autres secteurs économiques et dans la caisse de l’État », fait-il ressortir. Ce secteur, ajoute-t-il, est pourtant un gagne-pain pour de nombreuses familles mauriciennes, de Rodrigues et d’Agalega. « Qu’est-ce que le ministre des Finances a annoncé pour garantir un avenir durable et certain pour ces pêcheurs artisanaux ? » s’interroge-t-il. « Rien, rien et rien », martèle-t-il. « Nous sommes convaincus que la pêche artisanale d’un point de vue environnemental, économique et social a de beaux jours devant elle mais ce gouvernement ne lui a prêté aucune attention réelle. Même si on est d’accord avec la pratique de l’aquaculture, ce n’est pas la solution magique. Il faut aider ces petits pêcheurs et faciliter leur vie », insiste-t-il.
Ashit Gungah exhorte le gouvernement à prendre des mesures pour mieux protéger et développer l’activité des pêcheurs pour qu’ils puissent gagner leur vie avec dignité. Les pêcheurs, dit-il, lui ont exprimé leur profond désarroi face aux agissements des officiers de la National Coast Guard qui les empêchent de réparer leurs embarcations à terre. « C’est le cas à Grand-Gaube, Poudre-d’Or, Cap-Malheureux et Anse-La-Raie et ailleurs. J’espère que le ministre Von-Mally se montrera sensible aux divers problèmes des pêcheurs. Il faut créer un endroit d’attache pour les pirogues dans ces régions où ils pourront réparer leurs embarcations en toute quiétude. Selon ces pêcheurs, pour effectuer une réparation il faut chercher l’aval du ministère. C’est incroyable ! Au lieu de leur accorder de l’oxygène, on les tue », a-t-il dit.
Le député observe que le dragage de la mer par des promoteurs d’hôtels sur les côtes a détruit l’écosystème. Dans certains endroits, même les mangroves, qui restent les lieux de prédilection pour la reproduction des poissons, ont été enlevées. « Et ces pêcheurs n’ont reçu aucune compensation. Leurs prises ont diminué considérablement. Dans toutes les régions à forte concentration de pêcheurs artisanaux la situation est identique. L’allocation qui leur est versée quand les conditions climatiques ne leur permettent pas de sortir en mer n’est pas suffisante. Le Fishermen Investment Trust ne joue pas convenablement son rôle », dit-il. Évoquant d’autres difficultés des pêcheurs, il note que certains ont contracté des emprunts pour l’achat d’équipements afin d’aller en haute mer mais aujourd’hui ils ne peuvent honorer leurs dettes fautes de revenus. « Le Syndicat des pêcheurs ne nous dira pas le contraire. Ce syndicat soutient même que des projets tels que les Assises de la pêche ou encore le Fisheries Master Plan n’ont jamais été concrétisés par le ministère de la Pêche », ajoute-t-il. Le Fish Auction Market aux Salines, dit-il, est un éléphant blanc.
Enfin, il a fait état du cauchemar qu’ont vécu les petits planteurs dans la région de JinFei.