Arvin Boolell, qui intervenait hier dans le cadre des débats sur le discours du budget en l’absence du chef de file du Ptr Shakeel Mohamed, suspendu, a estimé que tout ce que souhaite la population est la dissolution du parlement et la tenue des élections générales.

Pour lui, c’est le Parti travailliste qui pourra remettre l’économie du pays sur les rails, soulignant, sous les cris de la majorité parlementaire, que son parti est respectueux des valeurs.

Le député de Belle-Rose/Quatre-Bornes a dressé un bilan négatif de la performance du gouvernement sur le plan économique : « Le gouvernement a failli sur toute la ligne en matière de gestion économique. » Chiffres à l’appui, il a démontré que les fondamentaux économiques sont au rouge au niveau de la croissance, de la création d’emplois, du chômage des jeunes, des échanges commerciaux avec un déficit commercial particulièrement élevé, une dette publique équivalant à Rs 300 000 par tête d’habitant, la baisse du taux d’épargne, entre autres. Il a aussi souligné le retard enregistré dans la construction des maisons sociales.

Pour lui, l’économie mauricienne est en situation d’état d’urgence. Et de lancer un appel au gouvernement pour que les mesures appropriées soient prises pour « sauver l’industrie cannière du pays ». Arvin Boolell a rappelé que c’est grâce à ce secteur que le pays a été en mesure de développer d’autres piliers économiques. Aujourd’hui ce même secteur se retrouve en difficulté. Il a souligné la nécessité que toutes les parties prenantes de l’industrie cannière joignent leurs forces afin de parvenir à une solution aux problèmes auxquels cette industrie est confrontée. L’ancien ministre a également lancé un appel en faveur d’une distribution équitable des revenus sucriers. Il s’est demandé pourquoi le marché local du sucre ne soit pas laissé aux producteurs et planteurs locaux. Selon lui, le prix du sucre sur le marché local tournerait autour de Rs 36 000 la tonne. Il considère qu’il n’y a pas lieu de recourir à l’expertise de la Banque mondiale pour dégager des solutions aux problèmes sucriers locaux. Il s’est dit convaincu que Maurice dispose de suffisamment d’expertise en ce sens.

L’autre dossier qu’a évoqué Arvin Boolell: l’utilisation des Fonds de Réserves spéciaux pour éponger une partie de la dette publique. Pour lui, cette démarche s’apparente « à un vol des finances qui appartiennent au public mauricien ». Et de condamner par là même l’interférence de la politique fiscale dans la politique monétaire, avant de déplorer la perte d’indépendance de la Banque centrale. Le député s’est demandé si le Fonds monétaire international ne devrait pas être alerté de la situation.

Par ailleurs, Arvin Boolell a considéré que la question des Chagos est un dossier non-partisan. Pour lui, il faut féliciter tous les Premiers ministres mauriciens qui ont fait avancer le dossier de la souveraineté de Maurice sur les Chagos. Il estime que le succès remporté devant le Tribunal institué dans le cadre du droit de la mer concernant la proclamation par la Grande Bretagne de la zone marine protégée autour de Chagos avait ouvert la voie vers le recours à la Cour internationale de justice. Il s’est demandé si ce n’est pas Maurice qui aurait dû proclamer les eaux autour des Chagos, zone marine protégée. Il s’est dit certain qu’une telle démarche aurait bénéficié du soutien de nombreux pays.

Le député rouge a aussi souligné la nécessité pour tous les partis politiques de se serrer les coudes contre le trafic de la drogue dans la région.