Les débats budgétaires ont été l’occasion hier pour la députée du MSM Maya Hanoomanjee de relever les « lacunes » et « manques d’idées novatrices » au niveau des ministères de l’Égalité des Genres, de l’Agro-Industrie et de la Santé. Elle a d’autre part estimé que la ministre de l’Égalité des Genres, Mireille Martin, « joue à cache-cache » avec le problème de prostitution infantile. L’ex-ministre de la Santé a exprimé son insatisfaction vis-à-vis des réponses obtenues du ministre de la Santé Lormus Bundhoo pour ses questions parlementaires.
« À chaque fois que je présente une question parlementaire au ministre de la Santé, il me demande ce que j’ai fait quand j’étais ministre », s’est plaint Maya Hanoomanjee auprès du Speaker. Pour elle, le ministre ne « présente pas à fond ses dossiers ». L’ex-ministre de la Santé devait par ailleurs déplorer que le problème de la drogue, sur laquelle elle avait récemment adressé une question à Lormus Bundhoo, ait été « banalisé par la MBC qui s’est focalisé sur la réponse du ministre ».
Auparavant, Maya Hanoomanjee devait se dire « flabbergasted » par le discours de la responsable des Communications du Parti travailliste Nita Deerpalsing sur la démocratisation. Elle a évoqué une interview que celle-ci avait donnée à un journal dans laquelle elle était interrogée sur un sondage qui montrait que 51% du pays pense que la démocratisation travailliste favorise des proches du pouvoir. « Quand on demande à l’Honorable Deerpalsing ce qu’elle en pense, elle répond que dans tous les pays au monde, il y a des personnes qui bénéficient de leur proximité avec le pouvoir et que du moment où les procédures légales sont suivies… » Elle devait rappeler à Nita Deerpalsing ce qu’elle avait dit dans le passé, soit que « tout ce qui est légal n’est pas forcément moral ».
S’agissant du Budget 2014, la députée orange a estimé qu’« il y a eu un total manque de vision ». Abordant le ministère de l’Égalité des Genres, elle a observé que le chômage « est l’une des causes majeures de pauvreté parmi les femmes ». Et de demander à la ministre de tutelle, Mireille Martin, si elle compte s’attaquer au problème. « Il a été mentionné que des formations seraient pourvues à celles qui ont perdu leur emploi. Qu’en est-il de celles qui n’ont pas d’emploi ? » Elle devait d’autre part interpeller la ministre en demandant combien de femmes battues ont pu à nouveau se tenir debout sur leurs pieds grâce au gouvernement. « Les ONG font un travail formidable à ce niveau avec très peu de moyens ». Dans d’autres pays, dit-elle, les femmes battues résidant dans des abris ont la possibilité d’aller travailler et d’y retourner après. « Rien de tel dans le Budget ».
Si l’on parle toujours des victimes de violences, selon la députée, on parle moins des auteurs de tels actes. « La plupart du temps, ils ont connu une enfance malheureuse soit avec un père alcoolique soit une mère prostituée. Ils ont besoin d’un suivi constant. Les abris du gouvernement sont surpeuplés, le personnel sous-qualifié et ne sait pas comment gérer des enfants beyond control. Que fait le National Children Council ? »
La députée du MSM s’est ensuite attardée sur l’annonce d’un Plan d’Action sur la prostitution infantile. « Six mois de cela, il y a eu un scandale. La ministre est restée sans réaction alors qu’on pensait qu’il y aurait des mesures urgentes. Six mois après, on annonce en grande pompe un plan d’action ». Elle s’est en outre étonnée d’entendre la ministre dire qu’il faut une étude sur la prostitution infantile. « Elle est d’accord pour une telle étude mais rien n’a été fait encore. Pour elle, cela peut attendre. D’une part, elle dit qu’elle attendra les Assises de la Famille et d’autre part, elle dit que c’est en cours. C’est contradictoire. Avec un problème aussi sérieux que la prostitution infantile, elle joue à cache-cache ».
Maya Hanoomanjee a d’autre part souligné le nombre alarmant de mères abandonnées, 6 490 en 2011, qui selon elle « est une des causes principales de pauvreté ». Elle a plaidé pour que, légitimes ou pas, les pères soient obligés de s’acquitter d’une pension envers l’enfant. Pour la députée, des décisions drastiques devraient être prises en contraignant ceux refusant de payer cette pension à faire des travaux communautaires et « donner l’argent aux mères ».