L’ancien député démissionnaire du MMM a plaidé coupable hier à l’Assemblée nationale lorsqu’il accusait l’ancien régime travailliste d’avoir gaspillé les fonds publics, parti avec lequel le MMM s’est allié aux dernières élections générales alors qu’il en était encore membre. « Et dire que nous avions voulu cautionner cela. Aujourd’hui, je plaide coupable », a déclaré Joe Lesjongard.
Cet aveu de culpabilité de Joe Lesjongard a été acclamé par les élus de la majorité. Dans l’hémicycle, on pouvait entendre des « Bravo », « You are humble » ou encore « Nous sommes fiers de toi ». L’excitation s’est cependant vite dissipée lorsque Joe Lesjongard a lancé en direction des élus de la majorité que certains d’entre eux devraient également plaider coupable. « Certains ne peuvent se dédouaner de la responsabilité collégiale », a-t-il déclaré.
Le député plaidait auprès du nouveau gouvernement afin qu’il ne fasse « pas les mêmes erreurs » que le précédent régime en évoquant les « excès » de l’ancien gouvernement, tels des normes de constructions pas respectées, l’empiétement sur des cours d’eau, des îlots mis à disposition de certains protégés politiques ou encore les gaspillages de fonds publics avec des projets de développement comme Jinfei et Neotown, coûtant des millions, voire des milliards, à l’État, et qui se sont au final « révélés être du gâchis ». Le nouveau gouvernement devrait être, selon Joe Lesjongard, « cautious about investment », en faisait référence aux mégas projets de développement annoncés par le Grand Argentier, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Joe Lesjongard souhaite que les projets annoncés dans le Budget respectent les normes de constructions, d’environnement et, surtout, qu’ils soient « durables ». Il souhaite aussi que les “smart cities” annoncées se fassent selon un cahier des charges bien défini. Une fois ces cités “intelligentes” construites, Joe Lesjongard met en garde cette fois concernant l’emploi. « Il ne faut pas que tous les emplois qui seront créés soient réservés aux étrangers », faisant ainsi comprendre que la main-d’oeuvre locale doit être privilégiée.
Commentant le Budget dans son ensemble, Joe Lesjongard estime que celui-ci contient « du bon et du moins bon ». Ainsi, « il ne rassure pas la population », selon lui, concernant la question du pouvoir d’achat et de la création d’emploi. Saluant les mesures pour combattre le fléau de la « nasyon zougadere », le député s’est toutefois montré critique concernant les mesures formulées pour le CSR et la lutte contre la pauvreté. « Le ministre des Finances se la joue Ponce Pilate en donnant l’impression que l’État se décharge de la lutte contre la pauvreté », a-t-il dit.