A force de taper fort en réfutant les arguments avancés avant lui par certains députés de l’Opposition, dont Reza Uteem et Leela Devi Dookun, le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, a fini par faire monter la tension dans l’hémicycle et provoquer un walk-out de l’Opposition, constituée en majorité de députés du MMM.
L’hémicycle était très calme jusqu’à ce que le ministre Bundhoo commence son intervention, vers 22 h 35 hier. Il provoque, d’emblée, la grogne chez l’Opposition en faisant allusion, en réponse à des propos de la députée Josique Radegonde sur les arts et la culture, au conseiller culturel de Paul Bérenger alors qu’il était Premier ministre. « Un bijoutier, M. le Deputy Speaker… », martèle-t-il à plusieurs reprises. Il poursuit, en évoquant le projet de relance du football avec les équipes traditionnelles : « Qui avait qualifié Sir Anerood Jugnauth de bombe communale ambulante ? Qui avait traité des Mauriciens de démons, à l’aéroport ? And the same people are sitting with SAJ and they accuse us of communalism. » Prenant l’histoire comme témoin, Lormus Bundhoo qualifie alors le Premier ministre Navin Ramgoolam de « rassembleur » qui a introduit l’Equal Opportunities Act au Parlement. La députée du MMM Françoise Labelle lui demande : « Deba bidze sa ? » Des voix s’élèvent dans les deux camps, et le Deputy Speaker, Pradeep Peetumbur, essaye de calmer les parlementaires. Le ministre insiste : « Paul Bérenger aura toujours raison lorsqu’il parle du clan Jugnauth. » Françoise Labelle l’interrompt à nouveau : « Koz bidze ta ! » Lormus Bundhoo parle ensuite de la pauvreté pour dire que « si l’Opposition croit tant dans l’éradication de la pauvreté, why don’t they make poor people become trustees of Sun Trust, now that Ashok Jugnauth is leaving. » Françoise Labelle quitte l’hémicycle en protestant, pour revenir quelques minutes plus tard. Le député Mahen Jhugroo suit. Le ministre trouve en ce mouvement un signe de panique « when they leave the ring and go away. »
Lormus Bundhoo en vient ensuite à la députée Leela Devi Dookun, qui avait parlé, plus tôt, de « centre for the elderly ». « Navin Ramgoolam en a fait construire quatre, à Pointe-aux-Sables, à Belle-Mare, à Pointe-aux-Piments et maintenant à Riambel, alors que l’Opposition n’a même pas construit une chambre pour ces personnes », fait-il ressortir. C’est au tour du député Satish Boolell de subir le courroux du ministre. Il parle des réalisations de la NATRESA depuis qu’il est ministre. En citant des statistiques, il lance : « If this is a flop, then what is success ? » Parlant du budget de la santé, qui est de Rs 9,2 milliards, il affirme : « Comment le député Boolell peut-il dire que health is not wealth alors que nous dépensons autant d’argent pour les soins de santé ? » Le ministre parle du budget de Rs 25 M pour les patients sous dialyse, des « free stents given to every citizen, riche ou pauvre, du grant pour les soins à l’étranger qui est passé de Rs 200 000 à Rs 800 000 ». Alors que Lormus Bundhoo évoque le traitement du cancer, Satish Boolell fait des commentaires, et le ministre Hervé Aimée lui dit : « Dir to pa kone. » Ce à quoi le député mauve lui répond : « To tro kone twa ? » Le Deputy Speaker intervient alors que les parlementaires font beaucoup de bruit. Le député Satish Boolell s’en va, suivi de son collègue Deven Nagalingum. Il est alors 23 h 30. Cinq minutes plus tard, toute l’Opposition, dont les députés Steve Obeegadoo, Veda Baloomoody, Josique Radegonde, Françoise Labelle, Reza Uteem et Pradeep Roopun, s’en va également.
Lormus Bundhoo baisse alors le ton et parle des réalisations du gouvernement en matière de santé. Il dit être le premier ministre de la Santé à avoir recruté un millier d’infirmiers en trois ans et parle de spécialistes qui seront “on duty” 24 h sur 24 dans les hôpitaux. « Je pense qu’on devrait organiser une visite pour eux à l’hôpital des yeux », lâche-t-il. Finalement, le ministre annonce la construction d’un incinérateur central pour les déchets médicaux, qui ne se situerait pas dans l’enceinte des hôpitaux. Le ministère sollicitera, dit-il, les services d’un expert étranger pour mener une étude avant de pouvoir réaliser ce projet.