Nando Bodha a vivement critiqué le « manque de leadership » à la tête du pays. Le député du MSM s’interroge sur « le leadership quality of the Prime Minister », lançant que « JFK was a leader ». Parmi les sujets abordés : l’endettement du pays, la pauvreté, le tourisme et l’accès aérien, l’insécurité, la carte d’identité nationale et la relance du football local.
« Roti Kapda Aur Makaan (pain, vêtement et maison) et éducation. Nous avons les moyens, dans ce pays, de lutter contre la pauvreté, mais le nombre de pauvres continue pourtant d’augmenter. Nous avons une Maurice fracturée », a lancé le député du MSM. Selon lui, il faudra s’occuper de ce problème avec « efficacité et dignité ». Pour y arriver, Nando Bodha croit avoir la solution. « Nous avons besoin d’une task force pour s’occuper de chaque famille pauvre. C’est une question urgente. Pour cela, nous avons besoin d’un homme de coeur pour régler le problème de la pauvreté », a-t-il déclaré. La voix du ministre de la Femme Mireille Martin se fait entendre : « Ou une femme de coeur. » Nando Bodha est d’accord.
M. Bodha est ensuite passé au secteur du tourisme qui, selon lui, a pris un battering avec le reportage de M6, dans l’émission Capital. « Qu’est-il arrivé à Air Mauritius ? Quelle est notre politique par rapport à l’accès aérien ? » s’est-il demandé. Et d’indiquer qu’Air Mauritius desservait 12 destinations européennes mais qu’elle n’en dessert plus que deux maintenant. « Nous n’avons pas d’argent pour acheter des maisons. Que compte faire le ministre des Finances avec Air Mauritius ? » s’est-il demandé.
Il s’est ensuite engagé dans une série d’autres questions à propos de la compagnie d’aviation mauricienne, sur lesquelles il a voulu obtenir des réponses du ministre des Finances. « Continuerons-nous de dépendre d’Emirates pour nous amener des touristes européens ? Comment Air Mauritius peut-elle concurrencer Emirates sur la ligne Paris– Dubaï–Maurice ? » Et de rappeler, à ce stade, le death blow donné par Emirates à Air Seychelles. Sous ce même chapitre, le député a parlé du potentiel de 100 000 touristes que représente le marché chinois. « Que faisons-nous à ce sujet ? » a-t-il demandé. Selon lui, rien n’est en effet fait pour adapter le produit touristique mauricien par rapport aux Chinois et aux Indiens. « La solution est de faire de Maurice une plaque tournante dans l’océan Indien entre l’Asie et l’Afrique », a-t-il affirmé. Il faut savoir ce que cherche les touristes chinois, estime M. Bodha, ajoutant : « Maurice n’est plus un plaisir ! ».
Sur le chapitre de l’insécurité, le député du MSM estime que Maurice est en train de « perdre un autre carat » en tant que destination sûre. « Nous avons une destination cinq étoiles, mais un pays à deux étoiles », a-t-il ajouté. S’agissant de l’introduction de la nouvelle carte d’identité nationale, M. Bodha a longuement fait état des parties qui sont engagées dans ce projet pour, finalement, se demander « qui gagne quoi dans ce projet, qui vaut Rs 1,5 milliard ? ». Et de lancer : « Nous espérons pouvoir abolir ce projet et, surtout, les empreintes digitales. »
Le député du MSM a aussi abordé la question de la politique économique du gouvernement en posant une série de questions au sujet du projet Jin Fei, de l’accord FTA avec l’Inde mais aussi de la DTA. « C’est une montagne à surmonter », a-t-il estimé. Le député a aussi émis des propositions au sujet de la relance du football mauricien, avant de parler de “role-model” pour les jeunes Mauriciens, terme qui, à ses yeux, signifie « moins d’efforts et être dans le bon carnet » du pouvoir. « Rien n’a été fait pour créer des emplois pour les jeunes. Pourtant, il existe de grandes opportunités pour eux sur les bateaux de croisière. Mais on a saboté ce projet », a-t-il affirmé.