Le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, Pravind Jugnauth, s’est longuement appesanti sur le scandale financier BAI lors de son discours. Il a fait part des craintes des policy holders et autres bénéficiaires de facilités à la BAI et a soutenu que le but du gouvernement n’est pas d’agir par vengeance mais de « protéger l’intégrité du système financier ».
Le ministre Pravind Jugnauth, intervenant dans le cadre des débats sur le budget, a tout d’abord dressé un bilan peu élogieux de l’ancien gouvernement, soutenant qu’il y a eu neuf ans de pouvoir marqués par l’injustice, l’incompétence, la dilapidation des fonds publics, entre autres. Il soutient en ce sens que le budget permet de tourner la page sur un des moments les plus sombres qu’à connu le pays. Il n’a pas manqué de parler de Ponzi Scheme, « masterminded to steal people’s money while a handful of people are fortunate ones ». Il a assuré que le budget a pour but de promouvoir les valeurs fondamentales et de « donner à tout un chacun la fierté d’être mauricien ». S’exprimant sur le scandale BAI, Pravind Jugnauth a réprimandé le fait « d’utiliser la proximité avec le pouvoir pour dépouiller les gens ». « Zordi zot à genoux » a-t-il fait poursuivi, ajoutant que les régulateurs font leur travail sans crainte et en toute indépendance. Pravind Jugnauth rappelle que les actions ont été prises par la Banque de Maurice (BOM) et par la Financial Service Commission (FSC) « pour protéger l’intégrité du système financier ». Il a de plus déploré les « accusations gratuites » contre les deux ministres Roshi Bhadain et Ravi Yerrigadoo, soutenant que le supposé « terrorisme psychologique » exercé sur la famille Rawat est infondé. Il rétorque par ailleurs aux détracteurs que les deux ministres n’ont jamais parlé à Dawood Rawat lorsqu’il a formulé son intention de céder ses actions pour une roupie symbolique. Concernant le terme contesté de système de Ponzi, Pravind Jugnauth a rappelé que c’est le leader de l’opposition Paul Bérenger qui a été le premier à utiliser ces termes lors d’une PNQ le 21 novembre 2013 et déplore le fait que désormais des membres de l’opposition dénoncent la vitesse à laquelle les autorités ont agi pour sévir sans donner le temps à la BAI de remédier à la situation.
Concernant la rencontre avec deux hauts cadres de Dufry, le ministre de la Technologie soutient que cela s’est fait pour obtenir le plus d’informations possible sur l’allocation de contrat et que cela a permis de découvrir que Nandanee Soornack aurait touché une commission de Rs 100 M en janvier 2015 par la Mauritius Duty Free Paradise. Concernant son ministère, Pravind Jugnauth a fait part du but d’établir une nation d’entrepreneurs motivés par la technologie et l’innovation. Il a rappelé le projet de banque pour les PME où Rs 10 M seront injectées. Il devait aussi faire part d’un plan stratégique sur cinq ans pour le projet de Smart Mauritius, qui verra notamment la création d’une deuxième cybercité qui améliorera l’employabilité chez les jeunes. Il a d’ailleurs rappelé que la création de smart cities et de technopoles est un projet de société et que l’Inde a accepté d’étendre son assistance côté financier et technique dans sa ligne de crédit accordée au pays lors des célébrations du 12 mars. Le gouvernement, ajoute-t-il, a fait provision de Rs 125 milliards de roupies pour l’opération d’un Nation Innovation Program qui aura pour but de promouvoir la créativité et l’inventivité. Il a aussi fait part des bienfaits à venir avec la pose d’un nouveau câble sous-marin à fibre optique pour améliorer la connectivité à l’internet dans l’île et pour faire de Maurice un « ICT Hub and a gateway to Africa ». Les mesures du budget, dit-il, amélioreront le pouvoir d’achat des familles pour un « partage équitable du gâteau national ».