Intervenant hier sur le National Wages Consultative Council Bill, le premier député de Port-Louis Sud/Port-Louis Central, Reza Uteem, s’est élevé contre la méthodologie que préconise le projet de loi pour calculer le salaire minimum. Il a exhorté le gouvernement à laisser le conseil « libre de choisir eux-mêmes la méthodologie à adopter ».
Reza Uteem a expliqué qu’il y a « deux méthodologies pour calculer le montant du salaire national minimum » : une basée sur le montant des besoins de base actuels d’un travailleur (déterminé par le panier de la ménagère) et l’autre sur un pourcentage du salaire médian (La moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l’autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen, qui est la moyenne de l’ensemble des salaires de la population considérée, Ndlr).
Chiffres à l’appui, le député a démontré que l’emploi de la première méthodologie permet à un travailleur d’arriver à un salaire minimum supérieur qu’avec la seconde. « Or, malgré toutes ces concessions que le gouvernement a faites jusqu’ici aux syndicats, les mains des membres du National Wages Consultative Council sont liées quant à la méthodologie à adopter : on leur impose l’obligation légale d’utiliser celle du pourcentage du salaire médian, c’est-à-dire celle qui arrive à un montant inférieur que si l’on avait utilisé la première méthode », s’est-il indigné. « Pourquoi le gouvernement a-t-il lié les mains du conseil ? » s’est-il demandé. Il estime que les membres du conseil devraient « être libres de choisir eux-mêmes la méthodologie à adopter ».
Autre réserve de Reza Uteem : la représentativité des travailleurs sur le conseil. « Il doit revenir aux travailleurs eux-mêmes de choisir leurs représentants au National Wages Consultative Council. Le ministre ne peut le faire à leur place, car il peut y avoir cette perception que le ministre choisirait des “yes-men” », a-t-il argué.
La détermination du quorum pour la tenue d’une réunion du National Wages Consultative Council est également source d’inquiétude pour le député. « À l’état actuel, le conseil peut tenir sa réunion même s’il n’y a aucun représentant des travailleurs dans ce quorum. C’est à l’encontre de l’esprit du tripartisme. Il faut qu’il y ait l’obligation de la présence d’au moins un représentant des travailleurs pour que le quorum soit constitué », a-t-il plaidé. Et de lancer un appel au ministre pour apporter les amendements nécessaires pour une représentativité réelle des travailleurs au National Wages Consultative Council. Auparavant, Reza Uteem s’était félicité que le projet de loi soit « en conformité avec les principales conventions internationales que Maurice a signées sur l’institution d’un salaire minimum et sur le respect des droits humains ».