L’ancien ministre des Services financiers et leader du Reform Party, Roshi Bhadain, a tenu parole. Intervenant lors des débats sur le budget, hier soir, il a confirmé que sa démission en tant que membre de l’Assemblée nationale interviendra la semaine prochaine, après l’étape du Committee of Supply des Budgetary Estimates. La principale raison derrière cette démarche, ouvrant la voie à une élection partielle dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18) avant la fin de cette année, demeure le projet de Metro Express. Il se dit convaincu que le présent gouvernement n’apportera aucune modification à ce projet d’infrastructure et que « the Metro Express Project will bring the country down ». Il dit avoir rejeté une proposition du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, d’accorder un nouveau délai, soit une nouvelle Private Notice Question sur le projet de Metro Express, avant de mettre à exécution sa démission. Il a saisi cette occasion pour lancer un appel à l’opposition en vue de faire un front uni dans la conjoncture politique.
« I have said that if the government is to go ahead with the Metro Express in Quatre-Bornes, then I will resign. The people of constituency No 18 will have an opportunity to vote on a referendum on this project. I owe it to the people of Belle-Rose/Quatre-Bornes that if I have to resign I will resign. And I’m resigning from the National Assembly as from next week after the committee of supply on the budget », a déclaré Roshi Bhadain à la fin de son intervention.
« We are going to show to this government that it is time for them to go. It is time to give to the people of Belle-Rose/Quatre-Bornes their right to vote. It’s time for this abusive government to go », s’est insurgé le leader du Reform Party en promettant lors de la campagne pour la partielle des révélations sur l’enquête du Serious Fraud Office de Grande-Bretagne contre le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth. Il n’a pas manqué d’ajouter que Vijaya Sumputh sera également l’invitée de la campagne électorale.
L’annonce de Roshi Bhadain à l’effet qu’il compte démissionner la semaine prochaine après le Committee of Supply a été accueillie par des cris « poltron » et « bon débarras » lancés en choeur par les membres de la majorité. Alors que le Deputy Speaker avait quitté son siège pour céder sa place à la Speaker Maya Hanoomanjee, l’opposition menée par Xavier-Luc Duval a lancé pour sa part : « Nous voulons ML. Nous voulons ML. Nous voulons Sumputh. Nous voulons Sumputh ». Plusieurs membres de l’opposition ont félicité Roshi Bhadain. Certains, dont le leader de l’opposition, ont quitté leur place pour lui serrer la main avant de quitter l’hémicycle.
Roshi Bhadain a critiqué des plus vertement le projet de Metro Express. « The Metro Express project is a fallacy. It comes out of political ego that we cannot afford. The Metro Express project will bring down the country and will also bring down the government. The whole country will be indebted where the metro runs from Curepipe to Port-Louis », devait-il faire comprendre. Il a également trouvé que « the Metro Express is taking everybody for a ride. Ce gouvernement n’a aucun bilan à presenter à la population. They are stubborn to go ahead because of political ego. Can this country afford to have that kind of project. It’s irreversible and the country is going to be bankrupt », s’est-il appesanti en revenant sur le haut niveau d’endettement du pays, dépassant la barre des Rs 300 milliards en excluant l’aide indienne.
Dans la première patie de son intervention, l’ancien ministre des Services financiers et leader du Reform Party, Roshi Bhadain, n’a pas manqué de faire le procès politique du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. C’était lors de son intervention, hier soir, lors des débats sur le budget 2017/18.
«Gepeto/Pinocchio Deal»
Dans la première partie de son discours, interrompu à deux reprises, d’abord pour un Ruling du Deputy Speaker, Ravi Rutnah, sur un Point of Order du ministre Anil Gayan, et ensuite pour le dîner, il a stigmatisé la politique adoptée par le Premier ministre et ministre des Finances avec les dettes massives contractées, notamment les lignes de crédit de l’Inde de l’ordre de Rs 22,5 milliards. Il n’a pu cacher son étonnement que malgré ces injections massives sous forme de dettes, la croissance pour les trois prochains exercices financiers sera de 0,6 %, soit de 0,2 % annuellement.
Avant de commenter les prévisions de croissance économique dans le budget, Roshi Bhadain a mis en exergue le fait que Pravind Jugnauth n’a pu réaliser les objectifs annoncés dans le précédent budget. « Pour 2016/17, le gouvernement avait prévu des investissements de Rs 34,9 milliards. Au final, il n’a pu utiliser que Rs 24,2 milliards, soit un retard de Rs 10 milliards. The implementation did not happen. The government has not worked ? Why ? Simply, since October 2016, there has been the Gepeto/Pinocchio Deal. They were busy about how the passation de pouvoirs was going to be implemented », s’est-il appesanti.
Le leader du Reform Party s’est étendu longuement sur le recours à l’endettement tout en mettant en garde contre les dangers de cette politique. « In order to achieve 0,6 % growth, you need to take debts to the tine of Rs 22,4 billion. How can that be ? This is where the whole budget is flawed », devait-il faire comprendre en dressant la liste des secteurs bénéficiant de ces fonds. « There is nothing for the ICT sector. Nothing for the financial services sector. Le potentiel de ce secteur est de 12 % du PIB. Nothing for the manufacturing. It means that the economy is never going to grow. If we don’t grow in these sectors, there will be no economic growth. None of the projects identified in the budget generate revenue. None of them create the multiplier effect in the economy », s’est-il insurgé, en ajoutant que « the Prime Minister and Minister of Finance is putting into jeopardy the soundness of the whole system. How is the huge massive debt going to be repaid ».