Le second trimestre scolaire, qui a pris fin hier, a été marqué dans le secondaire privé par un nouveau rapport sur la restructuration de la Private Secondary School Authority (PSSA). Mais ce qui fait débat par rapport à ce document, c’est la proposition pour une nouvelle formule d’évaluation des collèges privés.  Jusqu’ici, la PSSA se basait en effet sur le rapport de cette évaluation entreprise par ses officiers pour déterminer le montant des subventions de chaque collège. Or, l’évaluation pour 2014 a pris largement du retard et demeure encore incertaine : d’un côté, la  Fédération des Managers insiste pour la mise en application de la nouvelle formule et, de l’autre, les Supervisors de la PSSA soutiennent que le rapport n’a pas reçu le feu vert du ministère de l’Éducation et du Public Sector Good Governance. « C’est au ministère de faire connaître sa position pour dissiper le flou », estiment des officiers de la PSSA
Cette évaluation annuelle porte précisément sur les salles de classe, les facilités pédagogiques (laboratoires de sciences et autres salles spécialisées, bibliothèques) et les facilités pour la pratique des activités sportives. D’habitude, cet exercice se déroule durant le second trimestre. Le 17 avril dernier, la PSSA a informé les 88 Fully Grant-Aided Colleges de la visite imminente de ses Supervisors dans le cadre de cette évaluation annuelle. Mais peu après, la direction de cet organisme a ordonné à ses officiers de ne pas descendre sur le terrain pour commencer l’exercice. Entre-Temps, le rapport sur la restructuration de la PSSA, intitulé “Rethinking and strategizing PSSA’s corportare & internal policies and actions”, a été avalisé in toto par son conseil d’administration, et ce même si les représentants des employés de la PSSA et ceux des enseignants du secteur au sein de cette instance dirigeante ont fait part de leur  désaccord au sujet de la proposition, qui permettrait  aux collèges d’entreprendre eux-mêmes cet exercice d’évaluation, confié jusqu’ici à la PSSA.
Les Supervisors de la PSSA sont catégoriques : le “self-assessment” va à l’encontre de la bonne gouvernance et, en outre, cette formule serait « illégale », car elle irait à l’encontre de l’Education Act, la PSSA Act et la Finance & Audit Act. Les managers répliquent en soulignant la présence d’un représentant du ministère de l’Éducation et celui des Finances au sein du board de la PSSA. La semaine précédente, il y a eu une démarche des Supervisors de la PSSA pour commencer l’évaluation et ils se sont d’ailleurs déjà rendus dans cinq collèges. Cependant, durant la semaine écoulée, ils sont restés au bureau car, selon nos informations, on leur aurait demandé de « suspendre cet exercice » pour le moment.  
Mais une lettre en date du mercredi 16 juillet, envoyée par l’Association of Confessional Secondary Schools à ses membres, alimente la polémique sur cette question de “self-assessment” et provoque des grincements de dents dans les milieux de la PSSA.  « We have obtained from the chairman and the director of the PSSA that the measure regarding assessment of schools should be in operation as from this year since we already have in operation a system of exemption from assessment on a rotational, region-wise basis since last year. We are now making an appeal to our members to carry out the self-assessment and send a summary to the PSSA with the coming two weeks », écrit Bashir Taleb, président de cette association. Mais celui-ci, dans cette lettre, précise que cette formule a été émise par la Fédération des Managers des Collèges Privés dans le cadre des discussions pour la restructuration de la PSSA et en explique la démarche : « La Federation of Managers a proposé que les écoles “with a track record of ‘A‘ facilities”  durant trois années consécutives soient exemptées de l’évaluation pour une période de trois ans, période durant laquelle les collèges concernés entreprendront eux-mêmes cet exercice. This proposal was accepted and forms part of the review. »
Dans cette lettre, le président de cette association recommande à ses membres pour ce “self-assessment” de se référer aux formulaires disponibles sur le site de la PSSA et de respecter scrupuleusement les critères de cet organisme. Bashir Taleb insiste aussi auprès de ses membres sur le caractère « honnête » qui doit primer dans cette auto-évaluation. « The exercice must be carried out honestly. No attempt must be made to exagerate  the marks », dit-il.
Cet  appel pour commencer le “self-assessment” veut-il dire que le président de l’Association of Confessional Secondary Schools demande à ses membres de ne pas accepter une évaluation des  Supervisors de la PSSA ? « Il ne faut pas donner une mauvaise interprétation à cette lettre. La mise en application du rapport sur la restructuration de la PSSA a été gelée et, en outre, aucune décision n’a été prise concernant l’évaluation par la PSSA. En attendant que les autorités se décident,  je pense que ce “self-assessment” serait utile aux établissements qui feront cet exercice, car les responsables seront prêts avec les chiffres pour n’importe quel type d’évaluation », a répondu hier après-midi Bashir Taleb au Mauricien.
Par ailleurs, des managers des collèges affirment que les rapports de l’évaluation de la PSSA, ces dernières années, indiquent que les résultats sont les mêmes  dans 90% des cas. « Les collèges qui obtiennent 100% de points depuis plusieurs années dans cette évaluation ne rabaisseront pas leur niveau parce qu’il y a un “self-assessment” ! C’est un gaspillage des ressources humaines et financières chaque année puisque les officiers de la PSSA connaissent déjà les résultats qu’ils obtiendront », soutiennent des responsables de collèges privés qualifiés de “Star”.