Il l’a dit lui-même: la “plus belle journée” de sa vie sacerdotale aura été celle de ce fatidique 3 avril 1984 quand il fut arrêté et mis en cellule avec 44 de ses amis journalistes qui protestaient contre la menace à la liberté de la presse avec le projet controversé du gouvernement de l’époque de faire adopter la Newspapers and Periodicals (amendment) Bill. On se souvient, de même, que c’est lui qui, en tant que curé de l’Immaculée Conception à Port-Louis, laissait grandes ouvertes les portes du Centre Social, Marie Reine de la Paix à qui voulait tenir une conférence de presse sans, en retour, réclamer de frais d’utilisation.
Lui qui, un jour de célébration de la messe en la Journée Mondiale des Communications sociales, avait trouvé, non sans pertinence, que les Actes des Apôtres tels que rapportés par Saint Luc s’apparentaient finalement à un long reportage de presse. Homme des médias, Henri Souchon l’aura été tout au long de ses 61 ans de vie sacerdotale. Les plus âgés se remémoreront, sans doute, ses chroniques radiophoniques d’éducation civique d’il y a plus d’un demi-siècle.
C’était, plus précisément, en 1957, bien avant l’Indépendance. Le prêtre qui officiait à l’époque à Notre-Dame de Lourdes, à Rose-Hill, avait alors 33 ans. Les radios privées n’existaient pas encore. Il avait été approché par les autorités en vue d’assurer ce programme d’éducation populaire. Les chroniques se sont succédées. De l’urgence du don de sang aux risques sanitaires que représente le fait de cracher en public en passant par les dangers de la conduite automobile imprudente, du fléau des prêteurs sur gages ou encore de l’incivilité que représente le fait de parler des heures au téléphone: tout était abordé.  Les obsèques du père Souchon – décédé hier matin, samedi 14 septembre, à l’âge de 89 ans, en sa résidence de Bonne Terre – auront lieu ce dimanche à 14h en l’église de l’Immaculée Conception. Il sera par la suite inhumé, selon ses voeux, au cimetière Bois Marchand auprès de ses amis “man san baz” décédés qu’il recevait inlassablement pour un repas, chaque dimanche après-midi, sous la légendaire Tonnelle de la cure de la rue Saint Georges. Parti à la retraite fin août 2010 à l’âge de 86 ans, il résidait au couvent de Bonne Terre dans l’ancienne maison qu’a occupée le cardinal Jean Margéot jusqu’à son décès.
Dans une première réaction, hier, l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, n’a pas manqué de souligner que le père Souchon aura été “une grande figure de l’Église à Maurice et un grand défenseur du mauricianisme authentique.”