Marie-Claude Stéphanie Botteveau, ancienne championne de judo de 40 ans, est morte carbonisée dans sa maison en tôle, à Petite-Rivière, vers 2 h du matin lors d’un incendie. « Res zis tol brile dan lakaz-la », raconte Julio Ludovic Botteveau, le frère de la victime, qui se trouvait dans une chambre à côté de celle où dormait sa soeur.
« J’étais endormi. Je sentais une forte odeur de fumée. Lorsque je me suis réveillé, j’ai vu la maison en feu. J’ai sauté de mon lit pour voir ce qui se passait. Comme sa chambre était fermée, j’ai pris un fauteuil roulant pour défoncer la porte. Mais c’était trop tard, son corps était déjà carbonisé. J’ai dû abandonner pour chercher de l’aide. Entre-temps, les voisins avaient tout essayé pour maîtriser l’incendie. Mais c’était impossible. Il a fallu attendre l’arrivée des pompiers pour extirper son corps des flammes. »
L’origine du sinistre, soupçonne-t-il, serait la bougie qui était allumée dans la chambre de sa soeur, faute d’électricité chez eux. Joseph Jolicoeur Aniasse, 51 ans, le compagnon de Marie-Claude, n’était pas là au moment de l’incendie. Il était allé voir son cousin, qui habite la localité, pour boire quelques verres. Il a appris la nouvelle par un voisin. « Linn dir mwa degaze al kot twa dife pe pran dan to lakaz. » Arrivant sur place, il avait lui aussi tenté de secourir Marie-Claude, avec qui il vivait en concubinage depuis 7 ans. « Malerezman, pa ti kapav fer narnie. »
Il regrette toutefois de n’avoir pas emmené sa concubine chez son cousin. « Elle m’avait supplié de m’accompagner et j’avais refusé. Et voilà le résultat… Je vais le regretter toute ma vie », dit-il, les larmes aux yeux.
Marie-Claude Botteveau, qui pratiquait le judo, avait fait la fierté de Maurice dans les années 90’ lors de sa première participation à La Réunion aux compétitions organisées par la Commission de la Jeunesse et des Sports de l’océan Indien. Elle avait décroché la médaille d’or dans la catégorie 57 kg et 63 kg. Cyril Goder, assistant secrétaire à la Fédération mauricienne de Judo, témoigne : « Elle se donnait corps et âme pour réussir dans cette discipline et avait toutes les aptitudes pour réussir. Elle n’avait malheureusement pas pu continuer à cause de son statut social. »