Après le bras de fer engagé par la Mauritius Employers Federation (MEF) et le ministère du Travail sur la signature du protocole du Decent Work Country Program, un consensus a été trouvé hier après-midi entre les deux parties. Le dialogue étant rétabli entre le Travail et le patronat, un calendrier de travail a déjà été organisé et est prévu dès que le ministre Shakeel Mohamed rentrera au pays après son déplacement à la conférence du Bureau International du Travail à Johannesburg (Afrique du Sud).
Hier matin encore, au cours d’une conférence de presse pour présenter les propositions budgétaires du patronat pour 2012, la MEF – avec son président Clensy Appavoo – fustigeait le ministère du Travail en lui reprochant de « ne pas créer un climat de dialogue social » pour la signature du Decent Work Country Program. Mais le dossier a franchi une étape majeure hier après-midi à l’issue d’une réunion à la Victoria House avec la MEF, qui revient à de meilleurs sentiments et prend la décision d’aller de l’avant pour la signature de cette feuille de route portant sur trois axes prioritaires concernant Maurice : « decent and productive employment », promotion du dialogue social et élimination de toute forme de discrimination.
À l’issue de cette réunion – qualifiée de « constructive » –, le ministre du Travail a affirmé qu’il était confiant en un dénouement positif dans ce dossier : « Nous nous sommes rencontrés afin d’établir le dialogue dans l’intérêt du monde du travail et pour concrétiser les projets que nous avons déjà commencés ensemble. »
Visiblement satisfait de la tenue de cette rencontre, le président de la MEF Clensy Appavoo (accompagné d’Azad Jeetun et de Pradeep Dursun au cours de la réunion) devait expliquer : « À la suite de la demande du ministre, nous avons eu une réunion. C’était une rencontre cordiale qu’on attendait depuis longtemps. Elle s’est déroulée dans la bonne humeur, histoire de bien comprendre les éléments importants afin d’arriver à conclure le Decent Work Country Program. Étant donné que c’est maintenant que le dialogue commence, on a confirmé notre volonté d’aller vers cette ‘implementation’. »
Un calendrier de travail a même déjà été établi. Les sessions de travail entre le ministère et la MEF devraient ainsi débuter après le retour de Shakeel Mohamed de la conférence du BIT en Afrique du Sud, soit à compter du 17 octobre. Plusieurs rencontres sont ainsi prévues en vue de finaliser des points jugés « importants » pour le pays et peaufiner certains éléments. Ces travaux déboucheront par la suite sur des réunions tripartites.
Shakeel Mohamed devait également informer que lors de son déplacement en Afrique du Sud, il sera question des enjeux au niveau du continent africain. Les éléments où nous devons progresser dans le monde du travail ainsi que les relations industrielles en général seront ainsi décortiqués. Un des sujets cruciaux serait aussi la création d’emplois pour les jeunes. Un point que le directeur du BIT a mis à l’agenda pour l’année prochaine.
Abordant le prochain budget, le ministre Mohamed dit concentrer une grande partie de son travail sur la création d’emplois et la formation pour les jeunes et les femmes. « Et cela passe évidemment par une refonte de notre bureau d’emploi et de voir comment ce dernier pourra proposer ses services à la nation. Bizin aret sa system kot li vinn simplement enn place kot ou ale stamp carte. Cela doit aller plus loin : identifier les capacités d’une personne ainsi que ses besoins, le besoin de l’industrie et ce dont le pays a besoin comme ressources humaines. »