L’enquête judiciaire instituée par le Directeur des poursuites publiques (DPP) pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’Iqbal Toofany le 2 mars 2015 alors qu’il était sous surveillance policière s’est poursuivie hier avec la déposition du Dr Sudesh Kumar Gungadin, le médecin légiste en chef. Ce dernier a appuyé la thèse du “foul play”, indiquant qu’il avait décelé « 14 fresh injuries » sur le corps du défunt, notamment des ecchymoses sur plusieurs parties du corps.
Lors de son audition en cour de Bambous hier, le Dr Gungadin a présenté son rapport d’autopsie concernant la cause du décès d’Iqbal Toofany, décédé le 2 mars 2015 à l’hôpital Victoria alors qu’il était sous la garde de la CID de Rivière-Noire. Le médecin légiste en chef à fait savoir que l’autopsie du défunt avait été pratiquée le 2 mars 2015 à 18h30 à la morgue de l’hôpital Victoria, à Candos, en présence du père de la victime et du Dr Gujallu, un médecin privé convoqué par la famille Toofany. Le rapport médico-légal final est daté du 18 mars 2015, vu que des échantillons de sang et autres matières avaient été envoyés en laboratoire pour des examens. Le Dr Gungadin a par la suite révélé que, selon les conclusions des examens toxicologiques et autres, le taux d’alcool dans le sang et dans l’estomac de la victime était de zéro.
Commentant en détail le rapport médico-légal, le Dr Gungadin a indiqué que sur les 15 blessures décelées sur le corps de la victime, 14 étaient récentes et consistaient en des ecchymoses et des écorchures sur plusieurs parties du corps. Dix de ces blessures étaient importantes alors que quatre étaient superficielles. Répondant aux questions de l’avocat de la poursuite, Me Roshan Santokee, il a ajouté que les ecchymoses relevées sur plusieurs parties du corps, notamment sur les fesses, le plat du pied gauche ou encore sur la cuisse droite, ont pu être causés en utilisant un bâton ou un livre.
Le Dr Gungadin a aussi décelé des blessures sur le cuir chevelu, les lèvres, les bras, le dos et les mains. Plusieurs organes de la victime, dont le pancréas, l’intestin, la rate ou encore les reins, étaient pâles dû à un choc hypovolémique causé par une perte rapide du volume de sang circulant dans le corps. « When loss of blood is more than 20%, it makes the heart unable to pump sufficient blood to the body. Hypovolemic shock can cause many organs to fail. Once failure of heart to pump blood, fluids move out from blood vessel to air sacks in the lungs. The presence and accumulation of fluid in air sacks will result in pulmonar oedema », a-t-il fait ressortir.
À noter que le médecin légiste en chef a attribué la cause du décès à un « acute pulmonary oedema caused by hypovolemic shock following soft tissue injuries ». Il a été clair lors de son audition : « La cause du décès résulte en des blessures importantes et non en un cas accidentel ou naturel », appuyant ainsi la thèse du “foul play”. Après le témoignage du Dr Gungadin, le magistrat Daniel Dangeot a ajourné la séance au 15 avril.