À la suite de la mort d’Iqbal Toofany, décédé lundi alors qu’il se trouvait sous surveillance policière, le bureau du DPP, par l’intermédiaire de Me Roshan Santokee, a logé une motion en Cour de Bambous pour que cette affaire soit supervisée par un magistrat. L’enquête judiciaire débutera mardi prochain sous la présidence du juge Daniel Dangeot. Le Main Enquiring Officer dans cette affaire sera entendu.
Iqbal Toofany, 43 ans, arrêté par la police de Rivière-Noire dimanche et placé en détention, a perdu la vie en cellule policière. Cette affaire, qui a suscité colère et incompréhensions, fera l’objet d’une enquête judiciaire au tribunal de Bambous. Le DPP, en vertu des articles 110 (Investigation in case of violent death) et 111 (Inquiry into violent or suspicious death) du District and Intermediate Courts, a décidé de référer le cas à un magistrat. Aujourd’hui, au tribunal de Bambous, Me Roshan Santokee a, par le biais d’une motion, justifié la demande du DPP d’initier une enquête judiciaire dans cette affaire. « The DPP is of considered opinion that the present matter is a fit case to be dealt with, in accordance with articles 110 and 111 of the District and Intermediaite courts Act », a-t-il déclaré. Par ailleurs, il a présenté une motion demandant à ce que le Main Enquiring Officer dans cette affaire soit convoqué le 10 mars pour apporter des éclaircissements dans ce cas de brutalité policière alléguée. Me Santokee a aussi demandé à ce que le Main Enquiring Officer présente tous les documents originaux relatifs à cette affaire, notamment les diary book entries et l’occurence book ainsi que les true and certified copies afin que le magistrat puisse faire la comparaison. Me Santokee a fait savoir qu’il logera une motion, si besoin est, pour une visite des lieux, après l’audition du Main Enquiring Officer mardi.
Dans le sillage de cette affaire, cinq officiers de la CID de Rivière-Noire ont été arrêtés puis libérés sous caution devant le tribunal de Bambous. Ils ont eu à fournir chacun une caution de Rs 9 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 50 000 après avoir été inculpés provisoirement de « torture by public official ». Cette remise en liberté sous caution a causé l’indignation de la famille de la victime, qui déclare haut et fort qu’il y a eu brutalité policière du fait des ecchymoses et des bleus découverts sur les jambes et autres parties du corps de la victime. Par ailleurs, l’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès à un oedème pulmonaire. Entre-temps, la famille a fait appel au Dr Amar Charya Gujjalu, médecin légiste du privé, pour un nouveau diagnostic.