Lalit monte au créneau dans le sillage des décès de trois détenus dans les murs des prisons ces trois derniers mois. « Lalit réclame la démission du commissaire des prisons. Vinod Appadoo finn toultan servi mezir pinitif, e finn ogmant represyon dan zesyon prizon. En fait, dès février 2019, nous avions déjà réclamé sa révocation, quand il avait introduit un règlement purement répressif en vue de diminuer l’argent de poche et la cigarette des détenus. »

Rappelant chronologiquement les décès des détenus – Louis Michael Louise, le 20 mars à la prison de Beau-Bassin, Jean Alain Auguste, à celle de Melrose le 29 avril, et enfin Jean Caël Permes, suite à son transfert de la prison de Beau-Bassin à celle de La Bastille, à Phoenix, le 5 mai dernier –, Lalit fait remarquer que « dans ces trois cas, des traces de blessures ont été retrouvées sur le corps » de ces détenus. Dans le cas de Jean Caël Permes, cinq officiers de la prison ont été arrêtés et une inculpation de meurtre a été logée contre eux, rappelle Lalit, qui dénonce dans le même souffle « la tendance de l’État à s’appuyer davantage sur son appareil répressif depuis le début du confinement, afin d’imposer une foule de mesures répressives et pour mieux contrôler la population en profitant de la crise sanitaire causée par la pandémie de Covid-19, qui n’a pas épargné notre île, et dans le sillage de la crise économique qui en découle ».

Lalit condamne l’attitude du gouvernement, faisant mention du Covid-19 Bill, présenté ce 13 mai au Parlement, et « qui est une nouvelle manière pour l’État de renforcer son pouvoir répressif », par le biais de la force policière. « Cette tendance de faire usage de méthodes répressives a, de tout temps, caractérisé le régime MSM au pouvoir. »

Revenant sur notre univers carcéral, Lalit estime : « C’est un moyen déguisé de faire porter le chapeau à l’individu, plutôt que d’offrir une lecture plus profonde de la manière dont notre société actuelle est organisée, et du modèle économique en place. La plupart des Mauriciens qui se retrouvent derrière les barreaux sont davantage des victimes d’un système économique et d’un système social basé sur le capitalisme qu’autre chose. » Et de rappeler que « tout système capitaliste est incapable de créer une structure sociale où chaque individu peut avoir un emploi stable et gagner de l’argent pour manger à sa faim, tout en assurant une sécurité pour lui-même et sa famille, avec un toit décent ». Le parti poursuit : « C’est à cause de ce système que plusieurs personnes, qui ne peuvent s’y retrouver, finissent par commettre des délits et sont derrière les barreaux. Beaucoup n’ont même pas d’argent pour payer leur caution ! »

Le parti politique critique également la « manière de faire » de Pravind Jugnauth qui, dit-il, « tout en félicitant le peuple pour sa coopération dans un élan solidaire pour caler l’épidémie de Covid-19, impose, par le biais du Covid-19 Bill, une loi destinée à dominer le peuple ». Au sein de Lalit, « nous avons toujours été en faveur d’un traitement humain des détenus qui se trouvent dans nos prisons et avons de tout temps privilégié la réhabilitation à la répression, et promu l’éducation à la punition ».