Le ravisseur présumé de la petite Vaishnavi Beestopchurn, huit ans, habitant Gokhoola, Piton, en l’occurrence Dhoovanansing Doorgah, aussi connu sous le nom de Vishal, 35 ans, est décédé samedi matin alors qu’il avait été admis à l’hôpital depuis son arrestation dans la journée du dimanche 10 mars. Officiellement, l’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué le décès à un « acute renal failure ». Mais les proches de cet aide chauffeur réclament une enquête indépendante en vue de déterminer les circonstances dans lesquelles Vishal Doorgah a essuyé de graves blessures aux côtes.
Le fait indéniable dans cette affaire d’enlèvement d’une fille de huit ans à la veille de la fête Maha Shivaratree, qui a secoué le village de Gokhoola, est que depuis son arrestation en début d’après-midi du dimanche 10 mars, Vishal Doorgah souffrait de fracture d’une de ses côtes avec des dégâts à ses poumons. Avec ce constat, la police rejette toute responsabilité de ces graves blessures en avançant qu’avant d’être livré à la police, le suspect avait été agressé par des habitants du village qui le recherchaient depuis la veille pour l’enlèvement de cette fillette.
Après ses aveux à la CID de Piton au sujet de ce rapt d’enfant et de la tentative ratée de sévices sexuels en raison du survol des lieux par l’hélicoptère de la police en fin de journée du samedi 9, Vishal Doorgah a été admis sous surveillance au Sir Seewoosagur Ramgoolam National Hospital. Néanmoins, les premiers examens médicaux ne devaient rien révéler de grave.
Le lendemain, soit lundi dernier, un scan devait confirmer une fracture de côte avec de graves dégâts aux poumons. La décision fut prise de le faire transférer du SSRNH à l’hôpital de Flacq en vue d’une intervention chirurgicale d’urgence. Le suspect fut admis à l’Intensive Care Unit car son état de santé inspirait des inquiétudes.
Au cours de la semaine écoulée, soit 48 heures avant le décès de Vishal Doorgah, Me Raj Ramsaha, dont les services ont été retenus par les membres de la famille, avait adressé une correspondance formelle au commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, pour réclamer une enquête sur les graves blessures confirmées par les médecins du ministère de la Santé.
Me Ramsaha attend en ce début de semaine un rapport du Dr Gujjalu, qui avait assisté à l’autopsie de samedi dernier à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC). « La cause d’acute renal failure attribuée par le médecin légiste de la police ne veut rien dire. Il est confirmé que Vishal Doorgah a eu une fracture aux côtes. La preuve qu’il a été tabassé. Par qui ? La police a le devoir de fournir des explications. Pas plus tard que ce matin, j’ai écrit au commissaire de police pour lui demander de dessaisir la CID de Piton de ce dossier au nom de la transparence et de la bonne gouvernance. J’ai également saisi la Commission Nationale des Droits de l’Homme en vue d’initier une enquête approfondie sur les véritables causes de décès de cet homme qui était sous la responsabilité de la police », a déclaré Me Ramsaha au Mauricien.
Vishal Doorgah a fait parler de lui le samedi 9 mars quand il a enlevé Vaishnavi Beestopchurn. Selon deux témoins oculaires, habitant Gokhoola, la victime était allée au temple du village à la rencontre de son père, qui revenait du Ganga Talao. La petite fille, qui a été retrouvée saine et sauve vers 1 h 20 le dimanche 10 mars, a révélé à la police comment le suspect a voulu attenter à sa pudeur dans un champ de cannes ce samedi 9 mars. Les plans du présumé pédophile ont été contrariés par le survol des lieux par l’hélicoptère de la police. L’examen médico-légal, pratiqué par le Dr Maxwell Monvoisin, devait confirmer qu’il n’y a pas eu d’agression sexuelle sur la victime, qui souffre encore des séquelles de cette expérience traumatisante.