Intervenant ce matin au Sugar Beach Resort, à Wolmar, Flic-en-Flac, à l’ouverture d’un atelier régional de quatre jours sur la gestion des déchets, le ministre des Collectivités locales, Hervé Aimée, a clairement laissé transparaître son choix pour la réduction des déchets à travers le compostage. Cet atelier, qui réunit les représentants de 21 pays de l’Afrique subsaharienne, est organisé par la United States Environmental Protection Agency et l’ambassade américaine à Maurice.« Eu égard à la grande quantité de matières organiques dans nos déchets (plus de 60 %), nous devons privilégier le compostage non seulement de nos déchets industriels, mais aussi celui de nos déchets domestiques, ainsi que ceux de nos jardins publics et de nos écoles », a plaidé le ministre Hervé Aimée. Il s’exprimait devant une cinquantaine de représentants d’officiels des gouvernements, des collectivités locales, de la société civile et d’opérateurs des sites d’enfouissement, entre autres, venant du Burundi, du Kenya, de la Réunion, des Seychelles, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de Zanzibar et de Maurice.
« J’estime que le compostage ainsi que la production de biogaz à partir de matières organiques allégera la pression sur le budget de la gestion des déchets du gouvernement central et celui des collectivités locales, générant ainsi des revenus et des opportunités d’emploi pour les membres de la communauté. La réduction de déchets organiques doit être une priorité ».
Dans ce contexte, le ministre a cité comme exemples le projet de Landfill Gas to Energy de Mare-Chicose et celui de compostage à grande échelle de La Chaumière, tous deux faits en partenariat avec le secteur privé.
Hervé Aimée a également plaidé pour une nouvelle approche pour la gestion durable des déchets. « Nous devons sortir de notre approche “business as usual” et essayer d’inventer et d’innover. Nous devons rechercher des moyens pour recouvrer les coûts, et des initiatives publiques/privées doivent être explorées. Les déchets sont considérés en termes négatifs, comme un problème, un coût, un polluant. Il est temps de considérer les déchets comme une ressource qui peut être exploitée. Les deux projets cités plus haut considèrent les déchets comme une ressource utile ».
Le ministre a aussi parlé de la nécessité d’encadrer les “trieurs de déchets” (waste pickers) qui constituent, selon lui, un secteur informel dans le processus de la gestion des déchets. « Dans beaucoup de cas, ce secteur informel est déjà en train de permettre le recyclage de 20 % des déchets ou même plus, à un petit coût ou sans coût aux collectivités locales », a-t-il fait observer. « Ces collectivités locales doivent donc pouvoir travailler étroitement avec eux afin de les assurer d’un minimum de sécurité et protection sanitaire ».
Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a pour sa part élaboré sur les mesures prises par son ministère dans le domaine de la gestion des déchets sous l’Environment Protection Act. Deva Virahsawmy a annoncé la prochaine interdiction complète de l’utilisation de certains types de sacs en plastique. « Le plastique compte pour 11 % du volume total des déchets », a-t-il argué.
« La gestion des déchets ne fait pas la Une des journaux, mais elle est absolument nécessaire au bien-être des citadins », a pour sa part avancé le Chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Maurice, Tony Fitrell, pour justifier la tenue de cet atelier.
La Team Leader du Landfill Methane Outreach Program de la United States Environment Protection Agency (EPA), Swarupa Ganguli, a de son côté donné le détail du déroulement de ces quatre jours d’atelier.