La décision du Conseil des ministres de vendredi visant à mettre sur pied un High Powered Committee pour la restructuration de la Cargo Handing Corporation Limited est accueillie avec méfiance par la Port Louis Maritime Employees Association (PLMEA). Ce syndicat, regroupant une majorité de travailleurs portuaires, dit craindre une privatisation du port par le backdoor. C’est ce que déclarent Alain Edouard, président du syndicat, et Ashok Subron, négociateur.
« L’institution d’un High Powered Committee en vue de restructurer la CHCL comme un centre maritime et une redéfinition du déploiement des ressources humaines fait suite à l’échec de la précédente tentative de privatisation du port.Ce plan n’a pas fonctionné en raison des pressions exercées et la résistance exprimées par les employés du port et la PLMEA », soutiennent-ils dans une déclaration à Week-End.
À cet effet, le gouvernement a dû inclure des conditions ne satisfaisant pas aux attentes des vested interests prônant la privatisation. « Parmi les conditions que voulaient imposer ces intérêts, nous relevons une mainmise totale sur la CHCL et le pouvoir de « hire and fire ». Ils ont essuyé un échec. Aujourd’hui, le vice-Premier ministre et ministre des Finances doit faire très attention à ne pas jouer dans les mains de cette clique, dont le but principal est de saboter le travail de la CHCL, et réalise en même temps son agenda avec un contrôle absolu sur un secteur aussi névralgique que le port », met en garde la PLMEA.
« Nous ne pouvons que constater qu’il y a un plan machiavélique, pour agir à l’encontre de la CHCL, de l’intérêt national et des employés. Xavier-Luc Duval doit comprendre qu’il n’a pas le droit moral de vendre le port à des intérêts privés », ajoutent les syndicalistes en annonçant une campagne de mobilisation contre ce projet.