Les chefs d’établissements du secondaire privé et d’Etat ont pris connaissance à la rentrée de la stratégie du ministère de l’Education pour freiner l’absence chronique des élèves. Dans le document “Student attendance policy”, le ministère reconnaît que ce problème a pris des proportions alarmantes, particulièrement au niveau des Forms V et VI, et s’étend depuis quelque temps au Lower Secondary. Le ministère apporte des clarifications au sujet des « authorised absences » et des « unauthorised absences » et annonce des mesures fermes à l’encontre des « persistent absentees » Dans les écoles, cette Student Attendance Policy est cependant accueillie différemment. Pour certains recteurs, « le ministère témoigne de sa volonté d’agir » mais, pour d’autres, ce n’est qu’un « coup d’épée dans l’eau » car les mesures annoncées n’ont pas force de loi.
Cette “Student Attendancy Policy” fait partie d’un ensemble de mesures visant à inverser la courbe de l’absentéisme parmi les collégiens. Le ministère espère que les recommandations figurant dans ce document aideront les responsables des collèges d’État et privés à mieux gérer la situation. Parmi les objectifs cités de cette politique : renforcer le pouvoir de la direction à agir contre l’absence chronique et maintenir un niveau élevé de présence et de ponctualité à l’école.
Dans l’introduction de ce document, le ministère fait part de son constat du problème. « This phenomenon is known to start from the second term and to become more pronounced in the third term. Although more generalised among Form V and Upper VI students prior to July mock examinations and SC/HSC examinations, the problem also affects lower forms whereby students absent themselves prior to tests and examinations. » Les observations des responsables du ministère correspondent ainsi aux nombreux articles parus dans les journaux ces dernières années dénonçant ce problème. Mais le ministère ne donne pas les chiffres concernant ce taux élevé d’absences en Form V et en Upper VI…
Selon le ministère, diverses raisons poussent les collégiens à ne pas se rendre à l’école, et de citer entre autres : le « peer pressure », la préparation des examens, une dépendance conséquente (« heavy reliance ») aux leçons privées en comparaison aux « boring classroom lessons » et l’ambiance peu motivante de l’école. « Il est impératif, dit le ministère, de s’attaquer sérieusement à ces questions et que les profs reprennent confiance dans leur métier à l’école. »
Cette “Student Attendance Policy”, souligne le ministère, vise à encourager les élèves à être réguliers et ponctuels à l’école, et non à infliger des punitions pour les absences. ?« Regularity and punctuality are values that have to be learned as poor attendance habits might follow through into employment. » En outre, ajoute le ministère, une absence fréquente comporte de sérieux risques pour le processus d’apprentissage et le parcours éducatif, car il y a une corrélation entre la présence régulière à l’école et la performance scolaire de l’apprenant. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes pour susciter des attitudes positives chez les collégiens.
Une « authorised absence », selon la définition du ministère, concerne les « reasonable and/or other unforseen causes ». L’école ne devrait donc pas autoriser un enfant à s’absenter, sauf en cas de : maladies, de “natural or other calamity”, de décès d’un proche, d’urgence ou d’autres événements imprévus. Un élève peut aussi s’absenter pour des « raisons personnelles », mais il ne peut le faire fréquemment. « Absences for personal reasons shall be authorised up to a maximum of 5 days in any academic year. Absences for personal reasons in excess of five days will be reckoned as being unauthorized », peut-on lire dans ce document.
Il y a, selon le ministère, deux types d’absences parmi les collégiens, notamment, les « prolonged absences » et le « persistent absenteism». Le premier concerne les absences de plus de trois jours consécutifs sans donner d’explications. Le « persistent absentee » concerne celui ayant accumulé plus 20 jours d’absences pendant une année scolaire, en excluant les jours de congé qui lui ont été autorisés.
Dans ce même document, le ministère rappelle aux chefs d’établissements les procédures à suivre et les mesures à prendre pour tout cas d’absence prolongée ou de « persistent absenteism ». Le ministère prévient par rapport aux sanctions possibles à l’encontre d’un “persistent absentee” si le parent de ce dernier ne se présente pas à l’école à la requête du chef d’établissement ou si les explications qu’il a données pour justifier les absences de son enfant ne sont pas jugées valables et acceptables. « The student will be liable to being refused promotion to the next class and/or to other sanctions as may be defined under the School’s Rules and Regulations » ou encore « all persistent absenteism cases concerning students in their last year of schooling will be systematically reported in their Leaving Certificate ».
Cette “Student Attendance Policy” a été évoquée avant-hier lors d’une réunion que la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun, a eue avec les dirigeants de la Fédération des Collèges Privés. Ces derniers apprécient la « volonté » affichée par le ministère de tutelle en ce début d’année pour combattre l’absentéisme. Et ils ne manquent pas de rappeler qu’ils dénoncent ce problème depuis plus de 15 ans auprès des autorités concernées. « La question de l’absence est maintenant prise en charge. Ce sont des mesures attendues depuis très longtemps et qui responsabilisent tout le monde », réagit Bashir Taleb, président de cette fédération.
En revanche, d’autres recteurs et certains enseignants sont quelque peu déçus, disent-ils, en parcourant le document. D’abord, ils affirment que les recommandations énoncées « ne sont pas nouvelles » et, ensuite, ils disent qu’ils s’attendaient à des « actions plus percutantes ».
« C’est un coup d’épée dans l’eau », dit un recteur d’un collège d’État. « Ces mesures doivent être soutenues par une législation. Sans un cadre légal, un recteur d’un collège d’État ne voudra jamais prendre le risque de prendre des sanctions à l’encontre d’un parent dont l’enfant s’absente régulièrement », déclare l’un d’eux. Dans sa stratégie, le ministère insiste beaucoup sur la responsabilité parentale et, à ce sujet, rappelle la loi concernant l’éducation obligatoire jusqu’à 16 ans. Et qu’ils devraient aussi se conformer strictement aux règlements de l’école fréquentée par leur enfant. « Parents are therefore responsible for ensuring that their wards attend school regularly, properly dressed and in a fit condition to learn. »
Par ailleurs, selon nos informations, le ministère finalise ces jours-ci un autre document énonçant sa stratégie pour combattre l’indiscipline des élèves au niveau du secondaire. Une campagne de communication sera entamée en ce sens auprès des parents au sujet des mesures prises par rapport à ces deux problèmes, qui ont des répercussions considérables sur l’établissement scolaire.