Joe Lesjongard, qui est rentré au pays lundi après une absence d’une semaine, a, dans une déclaration au Mauricien ce matin, exprimé sa solidarité avec Jean-Claude Barbier. Il a estimé que, sur la base des informations qu’il a obtenues, sa suspension des instances du MMM était « une sanction trop lourde ». Le député de la circonscription No 14 souligne que le MMM estime que le refus de Steven Obeegadoo et de Kavi Ramano d’occuper des fonctions à responsabilité dans les instances mauves « démontre la profondeur du malaise » qui secoue le MMM. « Il faut une équipe solide et solidaire au sein du parti pour remonter la pente », a-t-il lancé.
Joe Lesjongard a expliqué que le leader du MMM, Paul Bérenger, ne s’est pas encore entretenu avec lui, comme il l’avait annoncé lors d’un point de presse samedi. « On s’est rencontré dans le cadre des travaux du groupe parlementaire hier, durant lesquels on a discuté des nominations au sein de différents comités. J’ai par la suite participé aux travaux parlementaires », a-t-il dit, tout en précisant qu’il se sent « agacé » par « deux ou trois choses ».  Joe Lesjongard a observé que, durant son absence d’une semaine du pays, une série d’événements se sont produits. « Il y a eu la déclaration de Jean-Claude Barbier, sa suspension et, finalement, son expulsion hier du groupe parlementaire », fait-il remarquer. Pour lui, cette expulsion est « une décision très grave ». Il poursuit : « Avant mon départ, il y avait eu les élections du bureau politique. Le leader et le secrétaire général avaient eu la responsabilité de former l’exécutif du parti sur lequel je ferai des commentaires ultérieurement », a dit Joe Lesjongard. Et d’ajouter que, sur la base des informations qu’il a reçues, il se pose des questions sur la façon dont les accusations contre Jean-Claude Barbier ont été traités. « Je pense qu’il n’a pas eu la considération voulue et je me demande si sa suspension n’a pas été une sanction trop lourde. Il y avait la possibilité de redresser la situation, mais on s’est par la suite éloigné de cette possibilité. Le problème est que nous sommes déjà dans une situation difficile et la perte de Jean-Claude Barbier représente pour beaucoup l’envoi d’un mauvais signal dont les militants n’avaient pas besoin. Au contraire, il fallait, en cette période difficile, rassurer les uns et les autres et montrer qu’on est solidaire. C’est pourquoi j’exprime ma solidarité avec Jean-Claude Barbier dans ce contexte », a-t-il dit.
« Personnellement, je crois que seule une équipe soudée et solidaire sera en mesure de faire face aux épreuves qui se présentent à nous. Sinon ce sera difficile de remonter la pente. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas tout seuls sur l’échiquier politique. Nous avons des adversaires qui suivent de près ce qui se passe à l’intérieur du MMM », soutient-il, en disant constater une « situation de malaise ». Il développe : « Ce malaise m’inquiète. Je sens que notre électorat a le même ressentiment en me basant sur les rencontres que j’ai eues et les appels téléphoniques que j’ai reçus depuis mon retour. Beaucoup partagent cette opinion. Le refus de Kavi Ramano et de Steven Obeegadoo d’occuper des postes à responsabilités, surtout lorsque nous savons le soutien qu’ils ont reçu durant les élections du comité central et du bureau politique, démontre la proportion de ce malaise », a-t-il dit. « Je ne fais pas une lecture encourageante de la situation qui prévaut. Il faut pouvoir rectifier les choses qui empêchent la prévalence d’une situation sereine dans le parti. D’autant plus que nous connaissons le fond du problème. »
« Je suis une personne qui doit pouvoir opérer en toute sérénité dans le cadre d’une solidarité sans faille et pas dans une équipe disparate. Ce serait malhonnête de ma part de ne pas le dire », a ajouté Joe Lesjongard, avant d’espérer que la rencontre avec son leader aura lieu prochainement.