La page FORUM du Mauricien du mercredi 22 mai 2013 résume fort bien la problématique à laquelle est confrontée la nation mais aussi, fort heureusement, les remèdes qu’elle appelle.
Mme. Sylvia Edouard-Gundowry met le doigt sur une plaie béante : l’absence de moralité des politiciens, accrochés à leurs sièges de député et qui ne se sentent nullement interpellés par les divers manquements à l’éthique. Elle cite trois exemples : (i) allegation of road rage and violence (l’Attorney General), (ii) Indian killer buses (Sorèze) et (iii) alleged paedophile working with young people (MITD). Manifestement une liste non-exhaustive. Ajoutons-y les ‘affaires’ Medpoint, bois de rose, les terres de l’État à Côte d’Or, Boskalis, Betamax, le Foyer Namasté, la braderie des Pas géométriques et autres traitements préférentiels accordés aux proches du pouvoir, sans oublier les rapports du Public Accounts Committee où le contribuable assiste au gaspillage des fonds publics, abasourdi et impuissant mais néanmoins contraint de financer par le biais de la fiscalité.
La corruption serait-elle donc devenue un devoir civique, un sport national ? Les partis politiques traditionnels qui devraient lead by example semblent paradoxalement afficher avec cynisme une intégrité à géométrie variable, leurs positionnements étant tributaires de leurs options stratégiques et/ou leurs alliances (mésalliances ?) conjoncturelles. Ces ‘affaires’, ils en font leurs fonds de commerce, quelquefois au mépris d’une décence élémentaire. Ne nous attardons donc pas sur cette hypocrisie.
Voyons plutôt les propos de Me Rada Gungaloo qui, elle, met en garde – à juste titre – contre le silence qui, au-delà de la complicité implicite qu’il représente, est susceptible de compromettre la démocratie. Le poème attribué au pasteur allemand Martin Niemoller (libéré du camp de concentration de Dachau en 1945) qu’elle invoque est tellement parlant qu’il mérite d’être consigné de nouveau :