Photo @Gerard Boff

Le secrétaire général de l’Observatoire de la parentalité de l’océan Indien (OPOI), Shyam Reedha, également président du Centre for Holistic Education and Development (CHED), préconise la mise en place d’un comité ad hoc, dans les plus brefs délais, pour élaborer « un mécanisme de contrôle, de suivi et de conseils aux familles » avec le déconfinement contrôlé annoncé pour le 15 mai et la reprise de l’école le 1er août, par le Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Shyam Reedha estime que, si les parents commencent à reprendre le chemin du travail à partir du 15 mai, « il est nécessaire de mettre en place une structure étatique qui élaborera des recommandations pour assurer la sécurité des enfants chez eux et qu’ils soient systématiquement soutenus durant cette période ». Pour cela, il estime qu’il est urgent que « les différents ministères concernés, soit l’Éducation, la Sécurité sociale, l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, la Sécurité sociale, les Sports, et les organisations non-gouvernementales s’assoient et dégagent une stratégie qui sera dans l’intérêt des enfants ». Il est d’avis que cela « peut se faire rapidement et avec peu de ressources ».

Selon lui, il faudrait déjà, en cette période de confinement, mettre à la disposition des familles une hotline pour qu’elles puissent être soutenues dans leur quotidien car, d’une part, « les parents sont appelés à redoubler d’attention pour prendre soin de leurs enfants en plus d’être privés de contact et du grand air » et, d’autre part, « les enfants sont exposés à une atmosphère anxiogène ». « Même s’ils ne verbalisent pas leurs émotions, ils captent tout ce qui se passe autour d’eux », laisse-t-il entendre. Selon lui, il est « important que les parents expliquent le confinement aux enfants et les rassurent ».

Cependant, dit-il, il n’est pas toujours simple de le faire et de gérer les émotions. « Si les enfants sont très inquiets, ne dorment plus, ou semblent particulièrement angoissés en cette période de confinement, il est important de les aider. Mais si votre enfant manifeste des troubles plus importants exacerbés par le confinement, il faut demander de l’aide à un professionnel de la psychologie à travers des services à la télécounselling », conseille-t-il.

Il propose aussi le ‘Home base service’, qui soulagerait les parents et permettrait aux auxiliaires des maternelles de travailler. « Si par exemple une famille a trois enfants et a besoin d’aide, elle peut faire appel aux ‘carers’ qui travaillent dans des garderies. Ces gens sont formés pour s’occuper des enfants. Il n’y a qu’à élaborer les modalités qui leur permettraient de travailler tout en assurant la sécurité sanitaire ». Shyam Reedha rappelle que le Child Minding Service, c’est-à-dire un service de garde pour enfants, est assuré par les crèches après les heures de classes et durant les vacances scolaires. « Avec la fermeture des crèches, ce service ne sera pas assuré », dit-il, ajoutant qu’on peut aussi faire appel aux grands-parents ou à d’autres proches qui sont disposés à aider. « We must put children first », affirme-t-il.

Pour les adolescents, la question doit être prise différemment. Selon lui, il faudrait trouver des activités pour occuper leur temps. « Cela peut se faire à travers la télévision », dit-il, proposant une multitude d’activités allant du sport au jardinage en passant par l’art. Il poursuit : « Le ministère de l’Autonomisation des jeunes, des Sports et des Loisirs devrait être mis à contribution. » Shyam Reedha indique que peu importe la tranche d’âge, « il est important de mettre en place un calendrier d’activités au quotidien pour structurer la journée de l’enfant et lui donner des repères et surtout, ne pas oublier d’y insérer des créneaux de loisirs, de liberté et de temps calme pour la régénération de ses ressources cognitives et attentionnelles ». Le mieux, dit-il, est de le mettre à contribution dans l’élaboration de ce calendrier. Shyam Reedha indique que fort de sa formation dans la petite enfance, il met en pratique ce qu’il préconise avec son petit-fils. « Il faut que les ministères concernés prennent le taureau par les cornes pour trouver très vite des solutions. Ce sont des propositions tout à fait réalisables », estime-t-il.