Il y a des expéditions qui resteront gravées dans la mémoire de notre collègue, le photographe Brahms Mahadea. Comme l’ascension du Mont Kilimandjaro (Tanzanie), le plus haut sommet de l’Afrique (5 895 mètres d’altitude) qu’il a entreprise récemment. Au terme d’une montée nocturne, il a atteint le sommet où il a assisté au lever du soleil et découvert des paysages extraordinaires. Une aventure qui n’est pas sans difficulté mais d’où il revient avec un immense sentiment de fierté mais aussi de belles images qu’il présentera en août prochain à Photokina en Allemagne.
Brahms Mahadea n’est pas à sa première expérience. Après les chaînes de l’Himalaya et le Mont Everest (en 2009), le photographe, passionné de voyages et de découvertes, a décidé de s’aventurer en Afrique pour escalader cette fois sa plus haute montagne (le Mont Kilimandjaro) qui est l’un des plus célèbres volcans (inactif) du monde. Son objectif était d’atteindre le sommet et de capturer de belles images. Chose qu’il n’a pu réalisé lors de sa première expédition en Tanzanie en 1983. «Je m’y étais rendu une première fois en 1983 avec un groupe de professeurs mais ce n’était pas la bonne période de l’année et je n’avais pas apporté l’appareil adéquat», dit-il.
Cette fois, le défi est relevé et il en est fier. Le photographe a atteint le sommet du Kilimandjaro avec ses 5 895 mètres d’altitude. L’expédition, une initiative personnelle, s’est déroulée du 12 au 16 octobre dernier. «C’est un immense défi physique. Il faut avoir des jambes solides», explique celui qui a parcouru des kilomètres pour gravir cette montagne qui s’élève au nord-est de la Tanzanie.
Pour tous les alpinistes, l’ascension du Kilimandjaro est une montée de six jours en raison de plusieurs heures de marche et d’arrêt chaque nuit dans des refuges. L’un des parcours commence à l’entrée de Marangu, au coeur d’une forêt, où se trouve le camp de base, là où se fait l’enregistrement et la location de matériels. Car avant de se lancer dans cette ascension, il faut se préparer matériellement: les t-shirts et les « col roulé » ne suffisent pas. Il faut des vestes de montagne ou pull polaire, des chaussures polaires, plusieurs gants, ainsi qu’une lampe frontale.
Marangu est l’itinéraire le plus régulier et le plus utilisé des touristes. Après une première nuit dans une hutte, Brahms Mahadea, accompagné d’un guide, va parcourir 4 km pour atteindre une autre hutte, puis de nouveau 11 km pour atteindre un autre refuge (le Horombo Hut) et enfin 9 km pour atteindre celui de Kibo. Les premières étapes ne présentent pas de difficultés particulières, dit-il. Les sentiers sont traversés par des paysages variés, des plaines herbeuses aux forêts luxuriantes. À l’approche du pied de la montagne, la température se refroidit. Mais le plus désagréable, c’est de marcher la nuit dans un désert de cailloux et de plaques de glaces. «Le plus dur, c’est quand les pieds s’enfoncent dans des plaques de glaces. Cela nécessite une grosse dépense physique», raconte Brahms Mahadea.
Pour assister au lever du soleil, l’escalade commencera à 23h50 au pied du Uhuru, sommet principal du Kilimandjaro.  «Les pieds et les mains sont complètement gelés, le froid bloquant les articulations, on peine à avancer. De plus, on a du mal à respirer», raconte-t-il.
Escalader l’Everest, le plus haut sommet de l’Himalaya, a été comme une préparation physique pour le photographe : «J’ai bénéficié de conseils de guides, notamment sur les techniques de respiration sur de hautes montagnes pour ne pas souffrir de migraines». Après presque six heures d’escalade, Brahms Mahadea atteint enfin le sommet. Le soleil se lève, et un paysage irréel s’offre à lui: des blocs de glaces de 23 à 60m, des grottes avec leurs stalagtites, des lacs de glaces et le cratère de Uhuru… «La température au sommet est à 8,7°C. Certains ont déjà fait demi-tour, le froid devenant insoutenable. À 5895 m d’altitude, on peut vraiment y laisser sa peau. Le vent est violent et on peine à mettre un pied devant l’autre, le moindre geste réclame de braver le froid. »
Malgré la fatigue et le froid mordant, Brahms prendra le temps d’admirer le spectacle, d’immortaliser l’instant avec quelques clichés. Et pas sans difficultés. «Cela n’a pas été facile de prendre des photos sur le Kilimandjaro. Appuyer sur le déclencheur est un réel effort. Ensuite, à chaque photo prise, je dois mettre tout de suite l’appareil à l’intérieur de mon blouson pour protéger l’objectif de l’humidité, avant de reprendre une autre photo», raconte-t-il. Mais il n’a aucune urgence de redescendre. Il est venu pour ça : «Lorsqu’on arrive au sommet, on assiste à un spectacle magnifique: les nuages en contrebas, les glaces éternelles, les cratères habillés de blanc qui couvrent une superficie de 2 km de large, 3 km de long est presque 1 km de profondeur». Il en revient avec des souvenirs mais surtout des images éblouissantes, qu’il a réalisées en 50 minutes, et qui seront présentées l’année prochaine lors du salon de la photo Photokina, en Cologne en Allemagne. Et parce qu’il a gravi le Kilimandjaro jusqu’au bout, sans problème, Brahms Mahadea a reçu un certificat d’escalade certifié.