Découverts dans leur maison, à Mont-Roches, où ils vivaient séquestrés, depuis 14 ans, les frères Yoven et Kevin Teeroovengadum ne seront pas pris en charge par d’autres membres de leur famille, à leur sortie de l’hôpital psychiatrique (BSH). Admis, depuis mercredi dernier, les jeunes hommes qui présentent des séquelles physiques et psychologiques, aggravées pour le benjamin, résultant de leur séquestration et maltraitance, resteront à l’hôpital le temps de leur rééducation et réhabilitation. Entre-temps, leurs parents, Batmahvadee, 60 ans et Sattiaven Teeroovengadum, 62 ans, qui les ont retenus enfermés pendant tout ce temps, sont maintenus en cellule policière. Le couple, laisse-t-on entendre dans le milieu hospitalier, aura grandement besoin d’une prise en charge psychiatrique!
Il faudra attendre encore longtemps avant de comprendre comment et surtout pourquoi le couple Batmahvadee et Sattiaven Teeroovengadum a séquestré ses fils, aujourd’hui adultes, dans des conditions inhumaines pendant 14 ans. Admis à l’hôpital psychiatrique, les deux jeunes hommes vont entamer une longue réhabilitation. 
Selon nos informations, Kevin Teeroovengadum pourrait vivre dans un foyer ou une famille plus rapidement que son frère, car il est peu probable que les Teeroovengadum se retrouvent tous, de sitôt, sous le même toit! Toutefois, un proche, qui avait rendu visite aux jeunes hommes devait nous confier : “Nous préférons laisser Yoven et Kevin entre les mains des autorités et qu’ils soient envoyés dans un centre prenant en charge ce genre de cas à leur sortie de l’hôpital psychiatrique. Nous souhaitons le mieux pour eux, mais, pour l’instant, nous sommes encore incapables de dire s’ils s’adapteront à notre style de vie après ce qu’ils ont traversé.”
La maison des Teeroovengadum — qui attire l’attention dans la région depuis que cette affaire a éclaté — est un véritable dépotoir invivable. Même si elle a été désinfectée, une odeur nauséabonde, due à l’absence d’hygiène et des excréments d’animaux persiste. Mercredi dernier, à l’arrivée de la police à leur domicile, Batmahvadee et Sattiaven Teeroovengadum ont fait de la résistance. Entre-temps, leurs fils, Yoven et Kevin, cachés à l’intérieur, étaient traumatisés. Mais une fois à l’intérieur, les policiers de Barkly devaient découvrir deux jeunes adultes — l’un attaché à un meuble avec un morceau de tissu et l’autre assis, effaré, dans une pièce sordide. Sans l’insistance du voisinage et la médiatisation de ce cas, les jeunes hommes vivraient, sans doute, pendant longtemps encore dans ces conditions, sans soins, quasiment nus et mal nourris.
«La maman aurait cherché à les protéger à sa manière»
 Les conséquences de la malnutrition ne sont pas sans gravité, surtout pour le plus jeune des deux frères. Il n’a plus de dents. Si dans le milieu de la police on indique que Yoven serait âgé de 20 ans et son frère, 25 ans, en revanche à l’hôpital, leur dossier indique 18 et 27 ans respectivement.
Même si depuis quelques jours cette affaire fait l’objet d’une enquête policière et qu’il reviendra à la justice de sanctionner les parents de Yoven et Kevin Teeroovengadum, il est évident que c’est à l’issue d’une prise en charge psychologique, d’une thérapie appropriée des concernés, que toutes interrogations seront dissipées. Dans le milieu hospitalier, des spécialistes qui suivent de près le cas des frères Teeroovengadum expliquent que les agissements et le comportement des parents des jeunes hommes relèvent de troubles psychologiques dont ils souffriraient. Mais dans l’entourage de cette famille de Mont-Roches, les réactions sont plutôt hostiles à l’encontre du couple. La vie hors norme des Teeroovengadum suscitait davantage l’incompréhension, le mépris… que l’envie de comprendre. Pourtant, se fondant sur l’historique des deux nouveaux patients du Brown Sequard Hospital, un spécialiste explique que l’acte des parents traduirait le désir inconscient de protection que celui d’infliger de la souffrance à leurs enfants. “La maman aurait cherché à protéger, à sa manière, ses enfants du regard des autres! Si elle avait l’intention calculée de les maltraiter, il y aurait des traces de violence et d’abus sur eux”, dit notre source. D’ailleurs, cette dernière relève que “les deux garçons réclament leur mère!”
Les deux jeunes hommes ignorent encore que, depuis mercredi dernier, leurs parents sont retenus en cellule policière. Ces derniers qui avaient comparu devant le tribunal de Rose-Hill, comparaîtront à nouveau jeudi prochain.
Un autre monde
A l’hôpital, l’on ne peut définir le temps que prendra la réhabilitation des deux jeunes hommes. Considérant les années de séquestration et de privation de contact social, ainsi que leur condition physique, ce processus pourrait prendre du temps. Le plus jeune, dont l’âge mental serait de 10 ans, présente des séquelles avancées. Extrêmement maigre, ses mains et ses pieds sont repliés et il ne peut se déplacer sans fauteuil roulant. D’ailleurs, depuis son admission il est alité. Il a aussi des problèmes de locution, est en proie hallucinations visuelles et comme son frère, il “vit dans un autre monde”. Yoven Teeroovengadum a besoin d’une rééducation complète. Quant à l’aîné des frères, physiquement il se porterait bien et peut mieux s’exprimer. C’est lui qui donne des bribes d’information sur sa vie et celle de son frère en captivité. Aussi, les deux jeunes hommes n’ont aucune notion d’hygiène. Ayant été mal nourris, ils ont eu du mal à prendre un repas normal. Lorsqu’ils seront stabilisés, les Teeroovengadum devraient être placés dans le Chronic Ward de l’hôpital où ils pourraient rester pendant une année ou plus avant d’intégrer une résidence spécialisée.