L’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, a rencontré la presse pour la première fois depuis sa défaite électorale, hier, après la réunion du Bureau politique (BP) du PTr. À cette occasion, il a déclaré assumer entièrement sa part de responsabilité dans cette défaite cuisante et a affirmé que sa demande de démission des fonctions de leader du PTr a été rejetée à l’unanimité. Navin Ramgoolam a énuméré les cinq principales raisons expliquant sa défaite. Une de ces raisons serait, selon lui, le projet de IIe République avec Paul Bérenger présenté comme Premier ministre. Il a également évoqué une campagne désorganisée et une grande faiblesse au niveau de la communication.
S’adressant à la presse après trois heures de discussion au sein de son Bureau politique, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a expliqué que cette réunion a permis d’avoir des discussions très franches et d’analyser les raisons de la défaite électorale pour tirer les leçons pour l’avenir. Il a soutenu que l’alliance PTr/MMM avait enregistré une défaite malgré le bon bilan économique de son gouvernement dans un contexte économique mondial difficile et une croissance constante. Selon lui, la création d’emplois, l’introduction de mesures de justice sociale comme le transport gratuit, la mise en place d’institutions veillant à plus de méritocratie comme l’Equal Opportunities Commission et le droit d’appel concernant le recrutement dans le service civil n’ont pas été pris en compte, la modernisation de l’aéroport et du port, et l’introduction de nouveaux piliers économiques, n’ont pas été assez mis en valeur. « Nous n’avons peut-être pas su vendre notre bilan », avance-t-il. Navin Ramgoolam estime que la population n’avait pas pris en compte ses réalisations, mais s’est concentré « sur des bread-and-butter issues ». Il ajoute : « Elle ne s’est pas intéressée à ce que nous avions fait, mais à ce que nous n’avions pas fait. »
Rejet de la IIe République
Pour l’ancien Premier ministre, il ne fait aucun doute que le rejet de la IIe République a été une des raisons de la défaite. « Peut-être n’avons-nous pas assez expliqué pourquoi nous voulions cela. Les gens ont eu l’impression que c’était un arrangement entre Bérenger et moi, alors que ce n’est pas vrai ». Il évoque également un rejet de la présentation de Paul Bérenger comme Premier ministre du pays pendant cinq ans. « Notre électorat de base a rejeté ce projet ». De plus, il estime que l’électorat travailliste a rejeté l’alliance PTr/MMM. Ce rejet se serait fait dans les deux camps, ajoute-t-il, citant pour exemple les circonscriptions N° 1, 12, 16, 17, 18, 19 et 20.
Le leader des rouges a aussi reconnu un sentiment de rejet à son encontre, qu’il a attribué aux attaques concernant sa vie privée. « J’ai fait une introspection et j’ai tiré les leçons appropriées », a-t-il dit.
L’usure du pouvoir, « qui se produit dans tous les pays » et la prédiction d’un 60-0 « interprété comme une forme d’arrogance » sont d’autres raisons évoquées. La très mauvaise communication « bien que les personnes compétentes dans ce domaine étaient disponibles », le boycott des radios privées par l’alliance PTr/MMM, « une campagne désorganisée » du fait de l’absence du défunt Christian Rivalland et le dysfonctionnement du comité de campagne ont aussi été décriés.
Navin Ramgoolam a par là même annoncé que Shakeel Mohamed sera le chef de file PTr au Parlement et que le congrès annuel du parti sera organisé fin février. De plus, un comité sera institué pour revoir la Constitution du PTr, les Constituency Labour Party et procéder au renouvellement de toutes les instances du parti.
Navin Ramgoolam a ensuite répondu à des questions de la presse (voir encadré).