Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, le dernier orateur de l’opposition à intervenir lundi dans le cadre des débats budgétaires au Parlement, a lancé à Navin Ramgoolam : « Puisque le Premier ministre a trouvé moyen de vanter ses grandes réformes (introduites par Rama Sithanen), je lui lance un défi : réintroduisez toutes ces mesures que j’ai enlevées ! Et venez affronter le peuple ensuite ! »
Pravind Jugnauth a aussi soutenu que « c’est le peuple qui fera sa propre justice le 9 décembre pour les municipales et, par la suite, à l’occasion des prochaines élections générales. Cette politique économique qui ne sert que les intérêts du gros capital doit cesser. Nous mettrons un terme à cela le moment venu ».
Le leader du MSM a observé que depuis 1995, le Premier ministre affirme que sa priorité est l’économie. « Élections après élections, il brûle ce qu’il adore et adore ce qu’il a brûlé. Aujourd’hui, à l’occasion de l’exercice budgétaire, il vante à nouveau les prétendues réformes économiques de son deuxième gouvernement », a-t-il lancé.
Citant ces mesures, Pravind Jugnauth a mentionné la NRPT, la taxation sur les intérêts bancaires, l’abolition des abattements fiscaux sur le prêt immobilier, les frais d’études universitaires et les assurances-vie, l’abolition des exemptions fiscales pour les petits planteurs et la taxation des sociétés coopératives à 15 %, l’abolition des tripartites pour la compensation salariale et la mise sur pied du National Pay Council, « un mécanisme bidon qui a privé les travailleurs de compensations salariales adéquates ». Poursuivant son intervention, il a cité l’adoption de deux nouvelles législations du travail anti-travailleurs, « des lois qui permettent aux patrons de hire & fire selon leurs caprices ». « 20 000 travailleurs ont été licenciés sauvagement depuis 2008. Il y a aussi eu l’abolition des subsides sur les frais d’examens du SC et du HSC pour la majorité de nos étudiants. » Il a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « deal secret » avec les barons sucriers pour augmenter le prix du sucre sur le marché local de 700 %, un cadeau de Rs 5 milliards aux barons sucriers. Selon lui, la roupie a connu une dépréciation massive de 20 % pour remplir les caisses des gros bonnets avec pour conséquences une flambée sans précédent des prix écrasant la population. Il a qualifié la baisse de la Corporate Tax de 25 % à 15 % comme un autre cadeau aux gros bonnets.
« À un moment, au nom de cette prétendue réforme, le gouvernement travailliste n’avait pas hésité un instant à enlever ce petit pain de la bouche de nos écoliers », a-t-il dit.
Pour Pravind Jugnauth « ces prétendues réformes constituent en fait des crimes commis sur le dos du peuple ». « On nous avait dit à l’époque qu’il n’y avait pas d’autres alternatives. Or, les trahisons du pouvoir avaient été systématiquement dénoncées par l’électorat travailliste dans les colonnes du Mauritius Times et emmené le Ptr au bord de la déroute politique. Et c’est grâce au MSM, grâce à ses engagements pour corriger les erreurs que l’Alliance de l’Avenir a été plébiscitée par le peuple et le Premier ministre reconduit à ses fonctions en 2010 », a estimé le leader du MSM. « J’ai prouvé en tant que ministre des Finances par la suite qu’il y avait effectivement des alternatives. Et toute l’île Maurice sait que j’ai respecté mes engagements. J’ai aboli la NRPT, la taxe sur les intérêts, j’ai rétabli les tripartites pour la compensation salariale, j’ai rétabli les subsides sur les frais d’examens du SC et du HSC, les exemptions fiscales pour les petits planteurs. J’ai doublé l’Income Support pour les plus pauvres. J’ai significativement réduit la Hedging Loss Tax sur les produits pétroliers », a rappelé l’orateur.
Pravind Jugnauth a conclu ce chapitre en lançant un défi au Premier ministre en lui demandant de réintroduire toutes ces mesures qu’il a enlevées.