Sans surprise, comme précédé par l’édito de notre confrère Turf Magazine dans sa livraison de jeudi, la montagne a accouché d’une souris dans l’affaire du “déjeuner” de Chamarel. La page “paella/karaoké party” au Domaine Saint-Denis le dimanche 5 juin, qui avait alimenté la sphère hippique depuis une semaine, au point de rendre convulsif le Champ de Mars, est désormais tournée. Le chapitre est clos après le communiqué émis hier après-midi par le Mauritius Turf Club et signé Stéphane de Chalain, Chairman of Racing Stewards.
La conclusion de cette affaire, où étaient concernés, pêle-mêle autour de ce déjeuner/karaoké, Gilbert Merven — le président du MTC et comaître des lieux lui-même — six jockeys étrangers, un Stable Manager, des propriétaires et des punters liés aux bookmakers, s’est accélérée jeudi après que la Gambling Regulatory Authority eut réclamé sur la recommandation du Prime Minister’s Office un “complete report” de toute l’affaire auprès du Mauritius Turf Club. La Police des Jeux avait devancé en cours de semaine la GRA, en interrogeant quelques-uns des “invités” de Chamarel.
Dans un premier volet, le communiqué des RS rapporte que « Mr Gilbert Merven explained that he had no prior knowledge of the identity of those who would attend the event (…), a group of six jockeys paid for their lunch package (…), there were some 90 persons present and no other officials or employees of the Mauritius Turf Club were present, save for, the President of the Club (…), the group of jockeys was seated at one table with their respective families (…), the jockeys as well as the other guests noticed the arrival and presence of a licensed bookmaker and her family on the premises (…) all the jockeys were aware and alert of the specific condition in their licence with the MTC and the provisions of the Rules of Racing. »
Plus loin dans le communiqué, le Chairman of Racing Stewards écrit que « no suspicious or improper conduct » de la part des jockeys et du bookmaker présent n’était noté après interrogation de ces mêmes jockeys devant le board des Racing Stewards, confirmant que « they were never approached by anyone for any illicit dealings at that event », avant d’ajouter que deux membres de notre groupe de presse, Le Mauricien Ltd, avaient été invités à fournir des informations en référence à nos articles concernant ce “déjeuner” pas comme les autres, mais qu’ils avaient décliné cette démarche, tout en précisant que « their stand was set out in the editorial of Turf Magazine. »
En conclusion, le board des RS estime, après l’exercice de la collecte d’informations, qu’il n’y a « no substance in the allegations and insinuations made and reported in the press and that there has been no breach of any of the aboved mentioned provisions of the Rules of Racing and Conditions of Licence of Jockeys and/or bookmakers. » Tout en attirant l’attention que, selon le Rule 209 (m) of the Rules of Racing, « any person who misleads or attemps to mislead, the Racing Stewards or the Appeal Board at any inquiry, investigation, objection or appeal, is liable to any penalties provided under Rule 11 (d) including being warned off from the Champ de Mars… »
À bien y voir dans cette démarche, le Board of Racing Stewards n’a jamais eu (ou presque) les coudées franches dans cette affaire. Son Chairman Stéphane de Chalain a souvent paru sous pression quand il avait à faire front pour contrer en interne ceux qui faisaient feu de tous bois pour minimiser cette journée festive dominicale dans l’ouest.
Il fallait trouver un bouc émissaire pour ces errements au plus haut niveau de notre institution hippique. Pour ceux qui, quelque part, ont enfreint les termes de leur contrat. Pour ceux dont la morale et l’éthique ne comptaient finalement pas pour grand-chose à leurs yeux. C’était tout trouvé : une partie de la presse indépendante qui avait levé le lièvre quatre jours après cette “paella/karaoké party”.
Les adeptes du réseau social Facebook se sont manifestés en fin de semaine en diffusant des photos révélatrices que nous invitons nos lecteurs à découvrir.