Une quinzaine d’entrepreneurs belges francophones seront à Maurice du 21 au 24 février pour étudier les opportunités de collaboration avec les entreprises mauriciennes, avec un accent sur les PME. Selon Robert Frenkel, expert en stratégie à l’exportation et spécialiste en commerce extérieur, les entrepreneurs des deux pays ont beaucoup de points communs qu’ils pourraient exploiter pour une plus grande visibilité sur le marché, surtout dans un contexte de mondialisation.
Faire connaître le potentiel mauricien et promouvoir le commerce intelligent entre PME, telle est la tâche de Robert Frenkel depuis quelques années. La venue de cette délégation d’entrepreneurs belges est en quelque sorte l’aboutissement d’une stratégie mise en place pour mieux positionner Maurice comme partenaire et plateforme vers l’Afrique et l’Asie.
Des entreprises dans le domaine de l’ingénierie, du biomédical, des ressources humaines, de l’agroalimentaire, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de la construction seront représentées. Pascale Delcomminette, directrice générale de l’Agence Wallonne à l’Exportation et aux investissements étrangers (AWEX), aura des rencontres avec des membres du gouvernement. Au cours de cette même visite, une entreprise mauricienne dans le domaine de l’ingénierie signera un accord de partenariat avec une entreprise belge.
Pour Robert Frenkel, la collaboration entre les entrepreneurs des deux pays est intéressante du fait qu’il existe des similitudes dans les deux cas. « La Belgique et Maurice sont des petits pays entourés de géants et il faut trouver les bonnes stratégies pour faire face sur le marché, surtout dans un contexte de mondialisation ». Les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement concernées par ce partenariat. « Pour exister aujourd’hui, les PME ne peuvent se permettre de casser les prix. Elles doivent rehausser le niveau des compétences et aller vers les marchés niches à fortes valeurs ajoutées ».
L’intérêt pour les Mauriciens de travailler avec les entreprises belges, ajoute Robert Frenkel, est qu’elles fonctionnent en clusters, ce qui permet de mettre leurs compétences en complémentarité. « Avec le temps, ces entreprises ont appris à collaborer. Par exemple, elles peuvent répondre à un appel d’offres conjointement, chacune ayant des compétences spécifiques. Il existe aussi un réseautage important qui peut profiter aux entreprises mauriciennes ». Ces partenariats peuvent également donner l’opportunité aux entreprises mauriciennes de former leur personnel tout en consolidant des liens.
Déjà, un premier contrat de collaboration sera signé entre deux entreprises dans le domaine de l’ingénierie. Des rendez-vous sont aussi prévus avec quatre entreprises. Des conférences sur les opportunités mauriciennes et des rencontres B2B ont déjà eu lieu en Belgique. Cette visite permettra aux entrepreneurs belges de mieux connaître le tissu économique mauricien et il s’agira à la fois d’une démarche de découverte et de prospection. Le Board Of Investment (BOI) sera aussi mis à contribution pour cela.
Tout en proposant leurs compétences aux Mauriciens, les entrepreneurs belges souhaitent profiter du positionnement stratégique pour élargir leurs marchés vers l’Afrique et l’Inde. La délégation se rendra d’ailleurs en Afrique du Sud, après l’étape mauricienne. D’autre part, les entreprises mauriciennes pourront également avoir accès au marché européen à travers la Belgique. « Nous voulons mettre en place une synergie. Les entrepreneurs viennent avec un esprit “gagnant-gagnant” et souhaitent développer une relation pérenne. » Les marchés prioritaires restent l’énergétique, l’agroalimentaire, la biotechnologie et les TIC.
Jusqu’ici, les entreprises belges s’étaient plutôt tournées vers les pays du Maghreb, mais avec la situation géopolitique compliquée elles se sont repositionnées et « ont compris que Maurice avait un potentiel crédible ». Robert Frenkel souligne que malheureusement, dans la plupart des cas, les entrepreneurs ne connaissent pas les traités concernant la région comme le Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA), la Southern African Development Community (SADC) et même l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), qui présentent certaines opportunités. Il ajoute que l’AWEX avait une gamme d’incitants financiers à la disposition des entrepreneurs pour les partenariats hors Europe.