Une habitante de Cité EDC, Camp Levieux, sans histoire apparente, a été victime, le 1er avril, jour de deuil national et congé public, d’un cas flagrant de délit de faciès, en début d’après-midi, en plein centre de Rose-Hill. Florise Tom, encore sous le choc de cette mésaventure des plus cauchemardesques, raconte qu’elle s’est fait surprendre par deux hommes et une femme en civil. Ces derniers l’ont malmenée et négligé ses droits sans en avancer le motif. Apeurée depuis, mais déterminée à y voir clair, elle a consigné une déposition au Complaints Investigation Bureau de Rose-Hill et attend que justice lui soit rendue.
Florise Tom revenait du travail et se dirigeait vers le marché de Rose-Hill lorsque le délit de faciès a eu lieu. « Ils étaient agressifs et exigeaient de moi mon téléphone portable. J’ai évidemment refusé car ils n’ont même pas eu la décence de se présenter. Je ne pouvais pas deviner que c’étaient des policiers en civil », confie-t-elle. Et de poursuivre: « Et même si, ce n’est pas une façon de brusquer des gens en pleine rue sans en avancer le motif. » Face à son refus d’obtempérer, les trois individus ont durci le ton et sont devenus de plus en plus menaçants. C’est alors, dit-elle, que la femme l’a sommée de se taire: « Ress trankil sinon mo met menottes are ou! »
Tétanisée, notre interlocutrice, qui n’avais jamais été confrontée jusque-là à ce genre de situation, s’est finalement tue. Elle devait, toutefois, leur faire savoir qu’elle leur donnerait son portable s’ils acceptaient de se rendre au poste de police de Rose-Hill, qui était de l’autre côté de la rue. Croyant trouver refuge au poste, Florise tomba des nues en se rendant compte que le policier en uniforme lui demandait, à son tour,  ce que les trois individus lui avaient demandé. « Monn fer seki zot finn dir moi. Zot inn exige moi donn mo nom, mo carte d’identité, mo numero téléphone ek mo portab. Zot finn meme essayer pu checker si numero là bon. Zot inn fouille mo sac pou gété si pa ena lot portab. Zot ti bien agressif ek taper, surtou fam-la. »
Une demi-heure après, non satisfaits de ce qu’ils recherchaient, c’est alors, raconte Florise, que les deux hommes sont sortis pour récupérer un véhicule avant de l’embarquer à bord d’un 4×4 blanc, vers une destination inconnue. Elle fut conduite dans l’arrière-cour du poste de Police de Buckingham, où elle fut à nouveau soumise à un feu roulant de questions auxquelles elle n’avait pas de réponses. Elle fut aussi fouillée et torturée moralement. « Face à tout ce que  je subissais, je n’ai pas eu la présence d’esprit de relever les plaques d’immatriculation. J’étais tétanisée de peur », fait-elle ressortir.
Devant l’absence de ce qu’ils recherchaient, les policiers se sont montrés de plus en plus menaçants. Après des minutes, qui lui ont semblé une éternité, Florise sera enfin relâchée. Grincheux, les policiers l’ont conduite sur la route principale et, de là, dit-elle, elle a pu gagner son domicile.
Devant son état, son époux tenta de la persuader de se rendre au poste de police de sa localité mais, encore traumatisée par ce qu’elle avait vécu, elle refusa. Au bout d’une semaine de réflexion et encouragée par son employeur, Florise s’est rendue au Complaints Investigation Bureau de Rose-Hill pour y faire une déposition:  « Je suis une citoyenne honnête. J’ai été prise d’assaut par des policiers. J’estime qu’il est légitime pour moi de connaître les raisons de cette agression à mon égard. »
Le mardi 9 avril, Florise devait, de nouveau, tomber des nues face à l’attitude adoptée par des officiers du Complaints Bureau qui ont tout fait pour essayer de la dissuader : »Zot inn dir moi pas fatig mo latet ek sa. Laiss sa tomber. Enn bann dimoune en dehor kine fer sa. Mais monn fer zot compran si vremen ti dimoun en dehor, kifer policier dan station Rose-Hill inn dir moi donn zot mo portab, inn laiss zot fouille moi ek inn laisse zot amen moi station Buckingham. » N’y parvenant pas, Florise retourna le lendemain de sa déposition avec les précieux conseils d’un homme de loi calé en matière de brutalité policière, et cette fois, sa déposition fut bien enregistrée. « Bann officiers la inn dire moi ki zot pou reprend contact ek moi. Mo enkor pe atan meme », dit-elle, dépitée. Ni soulagée ni rassurée, la victime confie qu’elle vit dans une peur constante.
Sollicité pour un commentaire sur ce délit de faciès, le responsable du police Press Office (PPO), le Constable Moorghen, a fait valoir qu’il faut laisser l’enquête suivre son cours tout en précisant que les enquêtes sont menées de manière transparente et indépendante. Interrogé quant à la manière de faire des policiers, selon la version des faits de Florise Tom, il déclare que tout policier suspectant un individu doit formellement procéder à son identification, mais en présentant sa carte avant de procéder à une fouille.