Du 1er avril 2008 au 10 avril 2013, 3 453 cas de délits criminels à l’encontre de mineurs ont été enregistrés ; 581 personnes ont été poursuivies et 409 condamnées. Lors du Prime Minister’s Question Time, hier, le Premier ministre Navin Ramgoolam, en réponse à une question du député mauve Kavi Ramano, a énuméré le nombre de cas par année mais a toutefois précisé que ces délits sur mineurs sont très divers, allant des avortements aux enlèvements en passant par les relations sexuelles illégales, les viols ou les infanticides.
Dans sa question au premier ministre, le député de Belle-Rose/Quatre-Bornes s’est enquis sur le nombre de cas rapportés de délits criminels durant les cinq dernières années à l’encontre des enfants, le nombre de personnes poursuivies et la nature des délits.
Selon le chef du gouvernement, 581 personnes ont été poursuivies pour de tels délits, 409 ont été condamnées.
Navin Ramgoolam a indiqué que les délits criminels à l’encontre des enfants incluent un large éventail de fautes sous la Criminal Code Act 1838, la Child Protection Act 1994 et les Public Health Regulations 2008. Du 1er avril au 31 décembre 2008, il y a ainsi eu 601 cas ; 601 également en 2009 ; 653 en 2010 ; 685 en 2011 ; 676 en 2012 et 237 de janvier 2013 au 10 avril 2013. Ces délits incluent des cas d’infanticide, de meurtre de nouveaux nés, d’avortement, de viol, d’atteinte à la pudeur, de relations sexuelles illégales et de trafic d’enfants. « Cela concerne toute une liste [de délits] comme la vente d’alcool ou de tabac aux mineurs », devait-il souligner.
Répondant à une autre question brûlante d’actualité sur les enfants, à savoir la pédophilie, posée par le député MSM Mahen Jhugroo, Navin Ramgoolam a estimé que « increasing the penalties will not in itself put an end to such offences. It is important to lay emphasis on better sensitization and education of the public and of children in particular ». Le député de l’Opposition avait voulu savoir s’il y aurait des amendements dans les lois pour des peines plus sévères concernant les cas de pédophilie.
Le délit d’abus sexuel sur mineurs, rappelle le PM, tombe sous la Child Protection Act et le Criminal Code. Les peines pour tout délit sous la Child Protection Act sont des amendes allant de Rs 25 000 à Rs 100 000 et des peines d’emprisonnement allant de 5 à 30 ans. Par ailleurs, les auteurs de tels délits sont soumis, sous le Criminal Code, à une servitude pénale allant de 10 à 20 ans dépendant des circonstances dans lesquelles les crimes ont été commis.
Les statistiques concernant les délits sexuels sur les mineurs sont en train d’être épluchées pour connaître le nombre de cas d’abus sexuels commis par des pédophiles. Ces informations seront communiquées dès que disponibles, indique le Premier ministre.
Le Chef du gouvernement a ajouté que les mineurs sont très souvent victimes de personnes qui leur sont très proches. Ces dernières ne sont la plupart du temps pas dénoncées par la famille ou par les voisins. « The major difficulty in policing such cases of abuse is some sort of “law of silence”, which makes police intervention difficult », dit-il. Selon lui, le renforcement des peines ne constitue pas en lui-même la solution. Il importe, dit-il, de se focaliser sur une meilleure sensibilisation et éducation de la population et des enfants notamment. De janvier 2011 à avril 2013, 32 750 personnes ont été sensibilisées. Le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfant et du Bien-être familial, affirme Navin Ramgoolam, travaille actuellement sur un Children’s Bill pour mieux assurer la prévention des délits à l’encontre des enfants de même que pour une protection plus efficace des victimes.