Plusieurs familles issues de Tranquebar, victimes des inondations ces trois derniers jours, s’étaient présentées hier devant le poste de police de Pope-Hennessy pour obtenir une allocation de l’État.
Munies d’un mémo, attesté par le ministère de la Sécurité sociale, pour prouver qu’elles ont bien été affectées par les averses, des familles venant de Tranquebar attendaient que leur tour arrive pour se présenter au guichet afin de recevoir leur allocation. D’autres, plus pressées, ont déploré le déroulement de cet exercice. La maison de Marie Estelle Castelle, mère d’un bébé de trois mois et habitant Tranquebar depuis plus de dix ans, a été inondée samedi après les grosses averses. Son matelas, ses vivres, dont le riz, le lait et les couches du bébé, dit-elle, ont été emportés. « Depi gramatin mo la. Mo pe atann mo tour pou mo gagn sa ti led-la. Finn ariv 2h mo ankor lamem. Mo nepli kone ki pou fer. Gouvernman bizin trouv enn lot manier pou nou pa pini koumsa », dit-elle.
Jema Augustin, voisine de Marie Estelle Castelle, a quant à elle quatre enfants, âgés de 4 à 16 ans, dont un qui serait asthmatique. « L’eau a pénétré partout dans ma maison. Les meubles, les vêtements sont complètement abîmés. » Elle souhaite que le gouvernement « revoie à la hausse cette allocation » versée aux familles affectées après chaque inondation. « Kou de lavi pe ogmante sak zour. Sa kas-la ale enn sel zour. »
Sabita Luchmana, sexagénaire, s’est aussi présentée hier avec son mémo devant le poste de police, et ce depuis 8h. C’est la « confusion totale » pour elle, étant complètement perdue parmi les nombreuses familles présentes, dont les noms figuraient déjà sur la liste pour toucher leur allocation. « Je ne sais plus si je dois faire la queue pour recevoir cette allocation ou  s’il est préférable de rentrer chez moi et de revenir après. Ti moman ou tann dir ou pou gagn alokasion, apre ou tann dir vini demin », déplore-t-elle découragée.
Mireille, elle, se bat depuis 2014 pour que sa maison soit construite décemment. Elle a le sentiment que les habitants de ce quartier « sont de plus en plus abandonnés ». Elle poursuit : « Il y a des maisons qui sont inhabitables. Le gouvernement doit proposer un projet concret pour éviter que ces gens ne viennent se présenter après chaque grosse pluie devant le poste de police pour bénéficier d’une allocation. C’est humiliant surtout pour les mamans accompagnées de leurs enfants. » Un policier qui était sur les lieux a fait part de sa satisfaction, soutenant que « tout s’est passé dans le calme ».