Maurice demande l’ouverture d’une antenne de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à Madagascar pour faciliter les efforts de la communauté afin d’aider la Grande île à sortir de sa crise institutionnelle. « Il est grand temps que la SADC ait un bureau de liaison à Madagascar. Nous devons avoir connaissance de ce qui se passe dans cette île. Nous devons sentir le pouls de la population », a indiqué à l’AFP Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères, qui conduisait la délégation mauricienne au sommet annuel de la SADC mercredi et jeudi à Luanda.
Ce sommet annuel n’a fait que reconnaître l’impuissance de la communauté. Le président angolais José Eduardo dos Santos a d’ailleurs déploré une situation « bloquée » dans la Grande Île. Arvin Boolell a été un acteur clef dans les efforts du groupe régional pour sortir Madagascar de la crise institutionnelle dans laquelle le pays est empêtré depuis le renversement du président Marc Ravalomanana par le maire de la capitale, Andry Rajoelina, en 2009.
La SADC a proposé une feuille de route devant conduire à de nouvelles élections, qui fait la part belle à M. Rajoelina et que le camp de M. Ravalomanana a refusé de signer car elle ne prévoyait pas le retour au pays de l’ancien président, qui vit en exil en Afrique du Sud. Ce retour est toutefois accepté depuis juin par l’organisation régionale mais c’est maintenant le pouvoir en place à Antananarivo qui s’y oppose, rappelant que M. Ravalomanana a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Sa garde présidentielle ayant tiré sur la foule en février 2009, faisant 36 morts.
Le ministre des Affaires étrangères a précisé qu’il avait proposé à la SADC « d’envoyer une équipe ministérielle dédiée à Madagascar » pour y expliquer la feuille de route. La proposition doit être examinée par la “troïka”, l’organe de sécurité de la SADC, a ajouté M. Boolell.